Déserts, salars & cités coloniales : du Lipez à Sucre

Malgré notre arrivée au Népal depuis 3 semaines, nous avons pris un peu de retard sur le blog et revenons sur notre dernier périple (et pas des moindres !) sur le continent sud-américain… en Bolivie.

Tout commence, comme si souvent en Amérique du Sud, par un bus de nuit, où nous découvrons l’étrange coutume locale consistant à faire marcher la clim’ à fond afin de voyager par 12°C… Sans doute pour éviter le contraste thermique lors des pauses pipi sur l’altiplano, mais, le duvet étant en soute, on n’apprécie que modérément…
Nous rallions Tupiza au petit matin. C’est une jolie bourgade, petit havre civilisé au cœur d’une grande zone désertique. Y ont fleuri moult tours operators et pizzerias (nom de la ville oblige, véridique !) mais l’ambiance far west avec ses collines rougeoyantes et sa végétation rase lui donne un certain charme. Nous y flânons :

Tupiza est aussi le lieu idéal pour organiser un tour dans les déserts du Sud Est du pays. Nous avons fait confiance à Mickael (cf La Paz) qui nous a recommandé une agence sérieuse. Nous passons les voir pour finaliser les derniers préparatifs, pour nous et pour les filles. Car nous serons 4 avec Lulu et Emeu (cf précédent article), 2 copines revues il y à peu à La Paz et bien motivées pour partager cette aventure dans les ‘salars’, classique mais réputée, avec nous.
Nous partons juste après l’arrivée de leur bus de nuit : elles ont 4 mois devant elles mais ont adopté un rythme effréné ! Nous sommes donc 6 dans le 4×4, avec Sonia la cuistot et Gilberto le chauffeur – guide.

J1 : de Tupiza à Quetena Chico
A peine sortis de Tupiza, les paysages sont déjà sculptés par l’érosion et révèlent de belles parois de sable rouge parsemées de cactus :

Puis nous faisons halte de nouveau, devant un superbe canyon :

Canyon près de Tupiza
Canyon près de Tupiza

La suite de la matinée est une longue chevauchée motorisée le long de grandes étendues arides. La végétation est quasi inexistante et rares sont les vigognes à parvenir à s’en sustenter :

Puis, après un déjeuner près de mines de cuivre (aux couleurs vert de gris typiques), nous passons sur une ancienne mine d’or, le genre d’endroit où ont trimé des milliers d’esclaves quechuas, aymaras, guaranis… mais aussi d’Afrique Noire (via le commerce triangulaire) pour enrichir la couronne Espagnole. Même au fin fond du désert, avec des températures nocturnes polaires (hiver austral oblige), fièvre de l’or et cupidité humaine ont animé des conquistadors vénaux puis des orpailleurs rêveurs dont bon nombre y ont laissé la vie…

Entre ruines et désert
Entre ruines et désert

La piste continue de s’enfoncer vers le Sud Est dans des étendues toujours plus sauvages. Faune et flore s’y font rares. De temps en temps, des affleurements de sel ou un petit lac coloré surgissent au détour d’une « colline ». Dépaysement garanti !

Laguna amarilla ou est-ce la celeste?!
Laguna amarilla ou est-ce la celeste?!
Laguna amarilla
Laguna amarilla

Après quelques passages sableux, nous atteignons notre escale pour la nuit, Quetena Chico, minuscule et improbable bourgade. Nous parvenons cependant à s’y procurer quelques ‘cahuètes’, histoire de grignoter tout en trinquant à mon anniv’ : fêter ses 35 ans dans le désert, y’a pire !… La bouteille de blanc est festive et l’on passe un bon moment tous les 4.

J2 : Volcan Uturuncu
Réveil assez peu matinal pour une ascension : ça nous change ! On embarque avec notre guide (obligatoire…) Macario (encore !) et faisons 1h30 de route. On monte ainsi jusqu’à…
5550m (même après plusieurs mois de pratique, la notion d’altitude est toujours aussi éloignée de nos repères d’Européens…) !! Au grand dam de Lulu qui pensait, comme nous tous, que l’on marcherait 1000m de dénivelé aujourd’hui ! Il n’en sera rien : ce 6000m est en solde, avec ‘uniquement’ 450m de D+ !… C’est donc fort rapidement que nous atteignons son épaule Est, détendus et acclimatés, lieu où notre guide, vexé tant par notre bon rythme que parce qu’il n’est pas devant, nous fait la leçon, dénigrant au passage notre plus haut sommet le Mont-Blanc et ses « seulement » 4800m. Ça m’exaspère : mais quel c… ! On reprend un rythme très lent mais arrivons bientôt au sommet. La vue y est très dégagée, découvrant moult lacs d’altitude de toutes les couleurs, des terres aux teintes pastel et orangées, les jolies rondeurs de cônes des volcans environnants… Le dépaysement est total une fois de plus :

La descente du sommet est très rapide, car le sentier est sablonneux. Nous sommets vite rendus à l’épaule. Alors que Macario commence sérieusement à me gonfler, Lulu calme le jeu et « négocie » une prolongation (c’est qu’il n’est que 11h !). On remonte donc en face le long d’un ‘champ’ de soufre, entre fumerolles et odeur d’œuf pourri bien marquée… Les jaunes y sont pétants :

Puis, après de rares névés sculptés de petits pénitents, une épaule permet d’élargir la vue sur la très belle laguna Celeste et ses eaux bleu laiteux. Cela nous parait plus sympa que l’ascension initialement prévue, aussi nous arrêtons-nous là. On savoure un très beau panorama, épargné des vapeurs et odeurs soufrées. Juste beau :

Puis, après cette pause hors du temps et un peu lunaire, nous prenons le chemin du retour, qui est simple et rapide, dans une ambiance de volcan actif toujours déroutante. Au 4×4, nous attend Gilberto avec le bon déjeuner de Sonia que nous sommes contents de déguster à flanc de montagne, à 5550m ! Les batteries rechargées, nous redescendons à Quetena, où nous bronzons autour d’une table de belote ! Avant d’aller prendre l’apéro au vin rouge (pour changer !) une fois le soleil disparu. Ah, ces Français…

J3 : De Quetena Chico à Huaylljara
Nous commençons cap au Sud, en passant par des sortes de marécages salins encore gelés (malgré le sel, c’est dire !). Puis, nous faisons halte dans un élevages de huarizos. Cet animal est le fruit du croisement entre alpaga et lama. Ces camélidés sont donc tout aussi curieux et sympathiques que leurs aïeux :

Zone marécageuse en plein désert !
Zone marécageuse en plein désert !

Puis nous continuons en direction de la frontière chilienne. Nous faisons escale près d’un lac afin d’observer de curieux oiseaux:

Puis nous rejoignons, par de grandes étendues en partie blanchies par le sel, la route venant d’Uyuni. Elle amène ses nombreux 4×4 et dans leurs sillages d’importants voiles de fumées, visibles de loin.  Tout le monde afflue en effet vers les thermes. Imaginez un bassin d’eau ferrugineuse de 38°C duquel l’on admire un lac salin où paissent de gracieuses vigognes, les rives où s’ébrouent des flamands roses et un arrière-plan de volcans à perte de vue…

C'est ti pas magnifique, une vigogne ?
C’est ti pas magnifique, une vigogne ?

Après cette chaude pause (première et dernière toilette du trip…), nous reprenons la route. Fin, la piste ! Bientôt, nous traversons le lunaire désert de Dalí, ainsi appelé car il rappelle une toile du maître. Saurez-vous reconnaître ?

Le paysage est toujours splendide. Avec les belles lumières dont nous jouissons, cela donne des panoramas fantastiques. Nous sommes bien vite au pied du Llicancabur, fort esthétique volcan frontière entre la Bolivie et le Chili. Nous n’en ferons pas la grimpette aujourd’hui mais nous en tiendrons à son flanc Nord qui porte deux lacs. Le premier est doté de jolies variations de bleu mais c’est surtout le deuxième qui vaut le détour. Le vent, qui par chance s’est levé depuis peu, y met en suspension des particules contenues dans ses eaux (dont de l’arsenic : s’abstenir de boire la tasse !) et lui donne sa couleur verte si spécifique. Les variations sont du plus bel effet, surtout avec l’arrière-plan occupé par l’imposant sommet :

Nous revenons ensuite sur nos pas pour aller déjeuner aux thermes, au calme car les voyageurs d’Uyuni en sont déjà repartis : tant mieux ! Puis, une fois restaurés, nous reprenons la piste cap au Nord. Nous montons progressivement, attirés par des fumeroles. Ce sont des gaz volcaniques qui s’échappent du sol et forment des geysers. L’un d’eux est tout particulièrement impressionnant. Voir bouillonner de la boue comme dans une marmite sous l’effet des gaz en pression et passer près d’une colonne de vapeur qui pue l’œuf pourri (le soufre est le fil rouge du trip !) est assez déconcertant. Et improbable : au milieu du désert, l’on ne s’y attend guère !

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Celui qui crache le plus : interdiction de s’approcher !

Puis, nous poursuivons notre cap en montant considérablement, au point de passer un large col à plus de 5000m. Même ‘habitués’, ça fait toujours bizarre de telles altitudes !… Au passage, nous croisons quelques rares névés survivant au printemps. Les pénitents y sont marqués.

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Peu après sur la route, une formation de pénitent (neige fondant à différentes vitesses)

Puis, le paysage s’ouvre toujours plus, parfois sculpté par les travaux humains (récolte du sel ou du Borax), plus souvent par des millénaires d’érosion. Nous traversons un désert et rejoignons un petit canyon rocheux. Il nous offre le beau spectacle d’une horde de vigognes le traversant sous nos yeux, à quelques mètres seulement du 4×4. C’est plutôt rare et émouvant.

Horde de vigognes : et un seul mâle pour toutes ces femelles !
Horde de vigognes : et un seul mâle pour toutes ces femelles !

Ce même canyon recèle moult vizcachas. Elles sont très dociles et presque apprivoisées, habituées qu’elles sont à être alimentées par les voyageurs pour poser pour la photo… Leur bouille comique n’en reste pas moins attachante :

Puis, nous traversons de grandes étendues sablonneuses grises pour finalement découvrir la Laguna Colorada. Après une rapide dépose de nos affaires, nous repartons nous balader au pied de ce célèbre lac. Il a tout pour plaire : 60km² de surface pour seulement 35cm de profondeur, les mensurations idéales pour les flamands roses qui le peuplent en masse. Moult zones blanches recelant sel et Borax, d’où sa découverte assez tôt par l’homme. Enfin, sédiments et pigments d’algues donnent aux eaux leurs tons rouges – ocres. Une belle balade romantique le long de ses rives puis avec un peu de hauteur sur un point de vue nous permettent de savourer la beauté brute de ces paysages. Juste beau :

Le vent, toujours fort, force notre retour, durant lequel nous croisons 2 lamas en pleine action… Nullement perturbés d’être ‘surpris’, ils continuent leur coït, royalement. Mais trèèès lentement, pour ne pas dire au ralenti : cela semble être d’un ennui terrible pour la femelle !… Ce qui nous fait bien rire.

En pleine action
En pleine action

Une fois n’est pas coutume, nous nous sifflons notre petite bouteille de vin quotidienne à l’apéro. C’est que ce soir, c’est l’anniv’ de Lulu : 30 ans tout rond ! Sonia nous a fait un dessert pour marquer le coup et Emeline a même sorti les bougies ! On passe un très bon moment. Gilberto, pour mettre l’ambiance, a sorti 2 flûtes et improvise au mieux avec un fond sonore d’enceinte sur une playlist 100 % française : « Aïcha » à la flûte de pan, c’est quelque chose !!! Idem pour « Voyage Voyage »… Entre la flûte, le « a capela » chanté comme des casseroles et la playlist complètement décalée, on est hilares !

Soirée flûtes et reprises francophones
Soirée flûtes et reprises francophones

J4 : De Huaylljara à Atullcha
Nous commençons notre journée par une escale en hauteur offrant un point de vue sur la Laguna Colorada. On a beau l’avoir savouré la veille, c’est avec plaisir que l’on admire de nouveau ce superbe lac. Les couleurs du petit matin sont bien différentes mais tout aussi belles :

Vu de haut, le mélange sel / Borax aux eaux rougeâtres du lac, avec les flamands qui s'envolent et les volcans dans le fond, c'est magique
Vu de haut, le mélange sel / Borax aux eaux rougeâtres du lac, avec les flamands qui s’envolent et les volcans dans le fond, c’est magique

Avec les autruches vues la veille et l’avant-veille (si, si, c’est pas une blague, mais elles courent trop vite pour qu’on puisse prendre une photo !), moult flamands et vigognes, ces déserts sont un petit paradis animalier. Mais pas que, car le minéral est omniprésent, avec parfois avec des formes évocatrices :

Arbre de pierre, sculpté par le vent et l'érosion
Arbre de pierre, sculpté par le vent et l’érosion

Il s’agit de l’arból de piedra. Le sable, soulevé par les vents du désert, a érodé la roche avec le temps, de manière plus marquée au niveau du sol qu’en hauteur. Car il faut un vent puissant pour soulever des grains de sable à 4m de haut alors qu’au niveau du sol, une légère brise suffit. D’où les formes de ‘champignons’. A vous de juger :

Nous retrouvons ensuite l’eau, au travers de 5 ‘lagunitas’, petits lacs en enfilade. Chacun a sa couleur bien spécifique (due aux algues, sels, sédiments, …) et son généreux cheptel de flamands. Quelques images :

Flamands vus de très près
Flamands vus de très près

Puis nous allons manger au milieu d’un désert de rochers. Je ne peux m’empêcher de tâter la protogine alors que les filles sont en plein baby-foot… La suite s’avèrera plus culturelle : nous faisons escale dans un village réputé pour ses cultures de quinoa, seule céréale à pouvoir pousser à pareille altitude et dans des sols aussi pauvres et poussiéreux. Nous en apprenons un peu au succinct musée du village puis faisons quelques emplettes : ce sera de la bière au quinoa, bien sûr ! C’est que l’on est à cours de vin pour ce soir… Puis, en repartant, nous nous rendons compte du labeur que représente cette culture. Les terres sont un mélange de terre et de sable, qu’il faut bêcher à la main (les rares tracteurs sont pour les plus riches) avant que de semer, à la main toujours… La suite est du même acabit, avec encore un dur labeur agricole avant de pouvoir plonger sa céréale dans la casserole. Tout ça pour se faire concurrencer sur les étals Européen (car le produit est destiné à l’export uniquement) par le quinoa de contrefaçon Péruvien !

Diverses variétés de quinoa
Diverses variétés de quinoa

La route est ensuite un peu plus monotone et lancinante. Nous parcourons de très grandes étendues de sel, dont certaines où nous croisons l’improbable chemin de fer reliant la Bolivie au proche Chili. Un exemple lors de notre passage dans un village fantôme où seul subsiste la caserne et l’antenne relais…

Puis nous atteignons finalement le point d’orgue de ce trip, le Salar d’Uyuní. Nous déposons nos affaires dans un hôtel de sel : tout y a été fait en sel, de la brique des murs jusqu’au lit en passant par les tables, chaises… C’est assez saisissant ! Mais nous ne nous y attardons pas car nous partons dans le salar… pour y savourer le coucher du soleil ! Gilberto nous trouve un pur spot, avec une petit flaque d’eau pour faire des effets d’optique. Ca claque :

Vous prendrez bien une pinçée de sel ?
Vous prendrez bien une pinçée de sel ?

Au top !

Et bientôt, pour que la soirée soit complète, Gilberto nous sort la table (avec la nappe, s’il vous plait !) et les tabourets pour nous déboucher une petite bouteille de Tarija (LA ville viticole bolivienne) que nous dégustons tout en contemplant le soleil rasant. Le pied.

Puis nous imprégnons nos rétines des dernières lueurs du jour sur le salar. C’est un moment magique :

Deux, trois postures pour de jolies photos, puis nous réembarquons pour rentrer se réfugier sous notre toit de sel, car il commence à faire frisquet.

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Le salar s’embrase !

Cette dernière soirée du trip est consacrée à partager nos photos et à taper le carton (apprentissage de la coinche pour Claire : irrémédiablement rédhibitoire !) en sirotant nos bières, peu convaincantes.

J5 : De Atullcha à Uyuní
Nous revenons à un lever matinal. Car aujourd’hui, nous allons voir le lever du soleil sur le salar. Nous partons donc de nuit. Or, Gilberto éteint les phares du 4×4 : c’est pour voir les étoiles à partir desquelles il se guide !!! N’empêche, à 80km/h sur un désert de sel, de nuit, avec la lueur de la lune pour seul éclairage, c’est ambiance ! Fort de sa tactique efficace, nous doublons les autres touristes (2 autres 4×4) et arrivons parmi les premiers au pied d’un ilot de verdure isolé dans cette marée blanche, Incahuasi. Il s’agit bel et bien d’une île, surgissant au milieu du grand blanc, avec un peu de hauteur. Ça en fait donc un point de vue idéal pour admirer le lever du jour. Après nous être acquittés d’une faible dîme (site ultra-touristique oblige), nous nous dépêchons de monter au sommet avant les premières couleurs de l’aube. Nous sommes en altitude et le rythme rapide nous fait monter dans les tours. Mais cela en vaut la chandelle :

Nous savourons ces superbes lumières :

L’ambiance est époustouflante, entre du rocher volcanique très sombre, du clair corail (liée à la présence d’une ancienne mer), des cactus aux formes improbables sur fond de désert de sel à 360°. On ne s’en lasse pas :

Nous redescendons pour nous réchauffer autour d’un petit déj’, avec s’il vous plait, un gâteau préparé par Sonia exprès pour les anniv’. Vraiment très gentil de sa part :

Puis, nous roulons quelques temps en plein désert pour aller faire quelques photos funky. En effet, le blanc immaculé qui nous entoure permet de nombreux jeux de perspective :

Puis nous passons devant l’immanquable premier hôtel de sel et son monument dédié au rallye du Paris – Dakar (logique, on est en Amérique !). « Kitchou » ! :

Nous sortons ensuite du plus grand désert de sel de la planète et Gilberto nous dépose au marché à touristes, euh, à souvenirs… Puis, après un repas dans un lieu un peu glauque, nous reprenons l’asphalte pour Uyuni. Nous y attend le cimetière des trains. En fait, il s’agit d’un entassement désorganisé de vieilles locomotives et de wagons datant du siècle dernier. Tous prennent copieusement la rouille (merci le sel). Avec l’ambiance de désert, ça fait un peu far west à la Sergio Leone. Mais malheureusement, les tags et les canettes de bière ont également envahi les lieux, qui ne dégage plus grand chose : le charme désuet s’est évaporé. Dommage, car il y aurait du potentiel.

Nous finissons donc notre trip ‘salars’ sur cette dernière note un peu fausse mais en en ayant pris plein les yeux pendant 5 jours. Vraiment dément ! Ça va rester gravé dans les rétines ! Puis, nous ne restons pas à Uyuni, sans réel intérêt :  nos routes se séparent avec Emmeline et Lulu. Les filles partent pour Atacama au Chili et nous ne tardons pas à prendre notre bus pour une ville plus à l’Est du pays, Potosi.

Sur la mine de Potosi
Après 3h d’une jolie route de montagne, nous arrivons dans cette grande ville minière. Il s’agit en effet d’un des plus célèbres filon d’argent de la planète, ayant fourni des milliers de tonnes à la couronne espagnole. Et elle est toujours exploitée, pour d’autres minerais désormais, toujours dans des conditions abominables…
Notre logement est en plein cœur de la cité. Nous arpentons donc aisément ces rues et placettes coloniales dotées d’une architecture bien jolie :

Puis, nous prenons le temps d’aller à l’inévitable maison de la monnaie, coffre-fort et musée retraçant l’histoire de la ville et la région au travers l’extraction de l’argent et la frappe des pièces pour divers pays. C’est très instructif, tant sur les procédés (extraction, fonte, frappe, transport, etc.) que sur la place dans la société (exode minier, conditions de travail, révolution industrielle, indépendance…). Quelques clichés :

Nous profitons ensuite de la belle ambiance coloniale de la ville et des nombreux toits terrasse pour siroter une boisson fraîche avec vue (ne surtout pas se laisser aller, c’est important !) :

Le lendemain sera consacré à la visite d’un couvent de carmélites, celui de Santa Teresa. On y découvre les modalités selon lesquelles les cadettes des riches familles se dédiaient
à l’Eglise : ça fait froid dans le dos…

Beau cloître
Beau cloître

Un peu de Sucre :
Nous prenons, à la mi-journée, un bus pour Sucre. Cette grande ville est d’importance pour la Bolivie, car, selon la constitution historique (1825, ça remonte un peu !), elle est la capitale du pays. En pratique, tous les pouvoirs se trouvent désormais à La Paz, hormis la cour suprême de justice. Donc, autant dire que l’attachement des régions du Sud à « Sucre capitale » semble un peu déplacé…
Nous découvrons une très belle ville coloniale, encore plus riche architecturalement que Potosi. C’est coloré, bien ordonné et lumineux :

De très nombreuses églises (héritage Espagnol oblige) égayent les moult places arborées. Les bons cafés sont autant d’appel à escale, histoire de humer un peu l’ambiance paisible qui règne ici.

Nous voyons la foule s’amasser autour de la Casa de la Libertad, aussi changeons-nous nos plans pour aller à la Maison du Trésor. Il s’agit d’un musée dédié à l’orfèvrerie locale. On y découvre comment sont travaillés l’argent, l’or mais aussi moult pierres précieuses et semi-précieuses telles la bolivianite. Ce lieu recèle moult trésors brillants et joyaux dorés. mais point de photo : interdit…

Puis, nous nous immergeons dans l’histoire du pays à la Casa de la Libertad, désormais libre (ha ha !). Un tour guidé nous permet de comprendre un peu l’histoire tourmentée de sa fondation, en lien étroit avec les voisins chiliens, argentins et de grande Colombie d’où vint le célèbre libertador Bolivar qui donna son nom au pays. Un peu intello (ça nous change de la randonnée !!), mais bien.

Portrait de l'incontournable Bolivar, el libertador
Portrait de l’incontournable Bolivar, el libertador

Sucre est une ville très agréable dont nous ne cessons d’apprécier l’ambiance, en faisant notamment le bonheur des cafés… Il est vrai qu’après 3 mois de montagne, entre treks et alpinisme, nous avons mérité notre halte farniente !

Nous ne pouvons cependant pas ignorer le site le plus connu de la ville. C’est un musée à ciel ouvert datant du crétacé : le Dinoparc. Situé sur un site industriel (!), c’est lors de l’excavation de calcaires que les employés de la cimenterie ont découvert des traces de dinosaures, en deux couches de roche. Et c’est plutôt saisissant :

En effet, à l’époque des dinosaures, le terrain était plan et humide. Puis, avec les mouvements terrestres, il s’est incliné puis a été recouvert (et donc protégé) d’autres couches géologiques. On voit donc des traces de la taille d’un homme monter sur des parois abruptes !!

Santa Cruz de la Sierra, les portes de la jungle :
Pour notre dernière étape sud-américaine, nous prenons le bus à destination de cette grande ville, poumon agricole du pays. C’est aussi un gros hub aérien, d’où notre venue. Nous y allons en bus de nuit. Nous étant fait ‘avoir’ plusieurs fois, lors de précédents trajets terrestres, nous avons été vigilants sur la qualité du bus et pensons en avoir un « confort » (pour notre dernier trajet, de nuit qui plus est). Mais le gars de l’agence de transport nous fait une blague juste avant le départ, nous échangeant nos billets. Ce faisant, il nous fait partir plus tôt (sans intérêt pour nous) et dans un bus de moindre qualité : et hop, nous voilà bien endauffés ! Car, bien entendu, on ne s’en rend réellement compte qu’une fois dans le bus, qui part immédiatement après notre entrée… Bref, c’est dans un bus bien pourri (comme la plupart de ceux boliviens) que nous rejoindrons Santa Cruz, claqués et un peu dégoûtés de cette mauvaise blague.
6h du mat… Un taxi nous dépose au square central où nous attendons l’ouverture d’un café. La torpeur locale nous change du climat de montagnes que nous vivons depuis 3 mois : ici, il fait bien chaud et assez humide. La végétation est dense, voire luxuriante.
Nous découvrons brièvement la cathédrale avant que de nous précipiter vers le premier café ouvrant ses portes. La bonne odeur du frais moulu torréfié et un accès au wifi (couci-couça) sont bien plus tentants qu’une découverte de la ville sous la torpeur avec le sac de 15kg sur le dos… C’est donc une journée cafés – resto que nous ferons avant que de prendre le bus pour l’aéroport. Nous ne sommes pas trop stressés, arrivant bien 5h en avance !

Manif sur la place principale de Sta Cruz
Manif sur la place principale de Sta Cruz
Avec les vaches, c'est toujours plus efficace !
Avec les vaches, c’est toujours plus efficace !

Le vol à destination de la France se déroulera sans encombre, bien que long et sans guère de quoi s’occuper (pas d’écran dans l’avion !). Nous serons bien contents de retrouver amis et famille pour partager de bons moments. De même que nous rassasier de vraie bière, de vins locaux mais surtout pour manger du fromage, de la charcuterie et du bon pain et viennoiseries si franchouillardes !!!!

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Bolivie, entre lacs, Cordillères et volcans

Nous quittons Cusco après s’être fait fort plaisir une dernière fois de quelques plats bien locaux : raclette à la viande de lama séché, crêpe au caramel beurre salé… La gastronomie Péruvienne incarnée !… qui a du bon, avouons-le !
Le bus de nuit nous permet d’arriver au petit matin sur les rives du lac Titicaca sans faire escale à Puno, au charme semble-t-il limité. Le passage de frontière se fait facilement et nous débarquons bientôt à Copacabana. C’est une ville touristique, pleine de backpackers venus de tous horizons arpenter les rives du lac le plus haut du monde.

 

Nous dépensons nos premiers Bolivianos pour prendre cafés et grignottes près du port en attendant notre bateau. Puis, en 1h30 de calme navigation, nous rallions l’Isla del sol. Également très courue, elle regorge d’hôtels et de gargottes. Mais, outre qu’elle porte fort bien son nom, elle offre surtout une vue démente sur la Cordillère Royale toute proche :

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Isla de la luna qui s’embrase et Cordillère Royale au couchant

Nous déposons nos volumineux sacs à notre petit hôtel et profitons :

 

 

Puis, une balade nous permet de nous délecter de l’incroyable calme qui règne sur cette île. En effet, malgré la fréquentation, la sérénité est ici le maître mot : seules une légère brise et des mouettes viennent perturber l’agréable silence régnant ici. Nous sommes on ne peut plus contents de profiter d’une telle ambiance reposante après le frénétique Pérou. Serait-ce un pays plus apaisé ? Nous ne tarderons pas à le découvrir. Nous savourons l’instant.

 

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Presqu’île de Copacabana depuis l’île du soleil

Malgré la fermeture de la partie Nord de l’île (pour cause de litiges touristiques entre les communautés du Nord et du Sud), nous sommes subjugués par ce cadre enchanteur. Une courte balade nous en esquisse les motifs : des terrasses surplombant le bleu de l’eau, de nombreux belvédères sur l’Illampu et l’Ancohuma, la magnifique île colorée de la lune et des ruines Incas au bord du rivage,… le tout dans un calme olympien.

 

 

De retour sur la terre ferme, nous embarquons pour La Paz. Le trajet de fin d’après-midi est déroutant : les ondulations du relief offrent des vues surprenantes sur le rivage et les sommets environnants. Mais surtout, ce lac est interminable ! Nous passons plusieurs heures à le longer, puis à le traverser en bac (improbable), sans que jamais il ne finisse ! Le bus traverse ensuite l’Altiplano, une gigantesque pampa perchée à près de 4000m d’altitude. Cela nous mène à El Alto d’où nous découvrons une superbe vue plongeante sur La Paz. Belle entrée en matière ! Par une très raide descente, nous atteignons le centre ville, puis notre auberge.

Pragmatiques, nous commençons notre escale urbaine en allant dans la rue des agences pour préparer une sortie montagne. On y trouve pléthore de tour operators, tous meilleurs les uns que les autres…. ou plutôt forts incompétents : pour certains, je dois les corriger sur les voies d’ascensions locales, alors que c’est la base de leur business… Bref, après avoir consulté 3 pareils charlatans, nous arrêtons là les frais et partons arpenter la ville. Cela sera à pied, car le trafic est ici des plus denses. A deux pas, nous découvrons le marché des sorcières, avec ses poudres de perlinpinpin, pierres magiques, reliques mystiques, cartomanciennes et autres fœtus séchés de lamas… Déconcertant !

 

 

Puis nous montons (c’est systématique à La Paz !) afin de prendre la ligne jaune du téléphérique (devenu emblématique à La Paz, une petite révolution pour la ville), mais elle ferme juste avant notre venue pour maintenance… Qu’à cela ne tienne, nous continuons de prendre de la hauteur et jouissons ainsi d’une superbe vue sur la ville depuis un belvédère :

 

 

Nous sommes en plein dans le quartier Sopocachi, la zone Sud et chic de la ville. Les rues sont très calmes ici (d’un autre côté, on est dimanche…) et la vue plutôt sympa.

 

 

Nous redescendons puis remontons (tout est en pente, ici !) pour aller à la place Murillo. Tout le pouvoir y est concentré : le Parlement, bâtiment à moitié en ruine en réfection, la cathédrale avec sa façade néo-classique attenante au palais présidentiel surmonté par la toute fraichement inaugurée Casa del pueblo, gratte-ciel improbable et ruineux, lubie du célèbre président Evo Morales. Et comme si cela ne suffisait pas, les banques, ministères et Conseil régional sont tous dans l’environnement. Mais l’ambiance sur la place reste détendue, paisible même.

 

 

 

 

Le lendemain, nous allons voir un ami d’ami gérant d’une agence (merci Thibault !). Le contact est tout de suite beaucoup plus sérieux et engageant. Nous discutons ensemble des options possibles pour aller en montagne. Et dans l’attente de la proposition, nous allons faire nos amplettes dans les nombreuses boutiques d’artisanat qu’offre le quartier. Nous ne manquons pas non plus de goûter la spécialité locale, la salteña, sorte d’empanada sucrée salée fourrée de moult ingrédients dont viande, oeuf, légumes,… Le devis reçu, nous n’hésitons guère longtemps à le valider et nous nous retrouvons vite de nouveau chez Michael pour essayer chaussures et pantalon d’alpinisme. Le départ est donné pour le lendemain 7h. Ne nous reste plus que les sacs à boucler !

Macario, notre guide passe nous chercher à l’hostel puis nous allons récupérer matériel technique et nourriture à El Alto. Nous faisons connaissance avec un gars discret alors que les kilomètres défilent sur l’Altiplano. Nous sommes à 4100m d’altitude sur une vaste zone aride assez vallonnée. Au loin, les sommets de la Cordillère Royale apparaissent peu à peu. Nous empruntons bientôt une piste de terre et nous enfonçons dans la montagne. Les fermes perdues y sont nombreuses, avec leurs troupeaux de lamas, d’alpagas et de moutons. Après 1h15 de cette portion cahoteuse, nous coupons enfin le contact. Le cadre est très sauvage et fait penser à des pâturages d’alpages. Nous mettons le chargement de la voiture à plat et nous rendons vite compte qu’il nous faudra passer par des mules, ce que Mac nous arrange vite fait bien fait. Nous montons donc légers jusqu’au camp, au pied d’un beau lac d’altitude avec vue sur les principaux sommets du coin. Les mules arrivent peu après pour nous offrir de quoi nous restaurer. L’heure est alors trop avancée pour envisager d’aller au Pico Austria aussi optons nous pour… la sieste ! Efficace au point d’en oublier de se lever pour filer un coup de main à Mac : il devra venir nous réveiller pour… mettre les pieds sous la table !… Repas copieux puis vite, à la tente.

 

 

2h : le réveil sonne… Et oui, la montagne a quelques inconvénients ! Le petit déj’ est vite digéré sur la moraine, suivant le rythme tranquille de Mac. Puis le glacier arrive, avec ses pentes assez soutenues et ses belles grosses crevasses. La progression est rapide et nous rattrapons le guide Argentin et sa cliente juste au sommet du Pico Tarija pour jouir du lever de soleil. C’est un moment fort. Imaginez l’astre rougeoyant apparaissant juste derrière l’altier profil du Pequeño Alpamayo, révélant son allant tout en embrasant le glacier de tons orangés. Splendides instants.

 

 

Nous enchaînons par une brève descente puis attaquons l’arête. Elle est fort redressée et en neige moyenne (pas mal de glace). Or, la pente, déjà raide, se raidissait encore… Nous y passons beaucoup de temps, d’autant que Claire souffre de chaussures trop grandes. Mais l’ambiance est au rendez-vous et nous motive à poursuivre, la sécurité étant bien gérée par l’efficace Mac.

 

 

Le sommet est atteint après 2 bonnes heures de bataille nivale. La vue est au top :

 

 

Nous profitons, seuls en haut, la Cordillère s’étalant devant nous.

Sommet panoramique
Sommet panoramique

Puis nous abordons la descente : désescalade délicate et sur la corde au rendez-vous. 2h de plus pour rallier le Pico Tarija et contempler notre esthétique arête.

 

 

 

 

Puis c’est ensuite rapide jusqu’au camp.

 

 

Nous nous y régalons une fois de plus du repas préparé par Mac. La bronzette café terrasse sera de mise pour cette fin d’après-midi ! Avant que de nouveau nous nous restaurions copieusement et nous mettions bien vite dans nos duvets.

2h : le réveil sonne…  Mais cette fois je me lève seul, laissant Claire dormir un peu plus longtemps. L’expérience de la raide arête ne l’a pas convaincue et surtout, ses chaussures la gênent trop pour remettre le couvert aujourd’hui. Le petit déj’ avalé, nous partons avec Mac à l’assaut de la moraine puis d’un raide couloir peu agréable. Le glacier est vite remonté et, au lever du jour, nous sommes au pied de la tour sommitale.

 

 

Nous optons pour l’arête mixte (rocher + neige), qui semble fort esthétique. Mais nous tombons vite sur des conditions de neige délicates (euphémisme montagnard : en clair, neige pourrie !) associées à du rocher interactif (ndlr : pile d’assiettes) ! C’est donc avec force, concentration et une infinie délicatesse que nous progressons dans ce terrain miné. Les longueurs sont courtes et la tension, palpable. Mais Mac est prudent : nous sortons à la brèche sans problème, ayant juste dépensé pas mal de temps et d’énergie.

 

 

La suite de l’arête, tout aussi belle mais plus aérienne encore, réserve des passages forts esthétiques que nous avalons bien vite car en meilleure neige. Le sommet nous tend les bras…

 

La vue est ici encore plus panoramique que la veille. Sans vent et en plein soleil, la petite polaire me contente alors que je me pavane devant la Cordillère, les lacs d’altitude, le lac Titicaca et l’Altiplano. On distingue même les volcans de la frontière Chilienne !

 

Vue vers l'Ouest et l'altiplano gigantesque
Vue vers l’Ouest et l’altiplano gigantesque

Claire est alors en pleine grimpette. Partie vers 7h, elle est dans la partie finale de son ascension du Pico Austria, petite montagne (5350m…), en face de la notre, sans glacier. La vue y est également époustouflante :

Massif du Condoriri depuis le Pico Austria
Massif du Condoriri depuis le Pico Austria

La descente nous permet à chacun de savourer ce décor sublime, entre pics acérés plein de glace et altiplano Andin.

 

Redescente de la moraine
Redescente de la moraine

Mais cette phase est rapide et nous sommes vite rendus au camp où nous démontons la tente et mangeons pendant que la mule nous rejoint. Nous redescendons ainsi légers.

Proposition de retour éco-responsable ?
Proposition de retour éco-responsable ?

La route, aussi belle soit-elle, nous endort quelque peu : après deux réveils forts matinaux, le retour est un moment de relâchement et nous somnolons bien vite… Le retour à La Paz se fait dans le bruit, les bouchons et la pollution : le contraste avec notre petit paradis de calme montagnard est fort ! Mais la vue est ici encore étonnante : cette cuvette urbaine de briques et d’adobe surmontée par les 3 nevados protecteurs de la ville (Illimani, Mururata & Huayna Potosí, objectifs d’une prochaine visite ?) dégage vraiment quelque chose.

Le lendemain, nous voulons profiter d’une journée de repos pour découvrir la ville. Mais c’est sans compter les retrouvailles avec notre ami Picard, Gauthier ! Nous trainons donc à discuter en buvant de la bonne bière (Niebla : enfin une boisson houblonnée digne de ce nom, et en pression s’il vous plait). Puis, nous organisons un trip vers les volcans du Centre Est du pays, aussi ne découvrons-nous guère la ville ! L’apéro continuera le soir à l’auberge, en attendant la livraison du matos de location…

Panoramique de La Paz
Panoramique de La Paz

Après un lever matinal, nous nous échauffons en marchant avec nos gros sacs jusqu’au terminal. Le bus confortable nous emmène progressivement vers des steppes d’altitude, traversant l’altiplano puis bifurquant vers l’Est. Nous découvrons de superbes paysages arides parsemés de blocs rocheux volcaniques aux formes les plus diverses. Les reliefs rappellent un peu le granite de Bavella (Corse) travaillé par les vents et l’eau salée. C’est un petit coin de paradis pour grimpeurs (de bloc essentiellement) ! Puis nous découvrons la star locale, le volcan Sajama: du haut de ses 6540m, il domine cette vaste plaine salée (prémisse des salars plus au Sud ?) de son imposant relief enneigé. Il est entouré d’une noria de volcans formant la frontière avec le Chili voisin, tous avoisinant les 6000m… Deux sortent du lot : les Payachatas (pics jumeaux en aymara), Parinacota et Pomerape. Voyez pourquoi :

 

 

Nous avons été accueillis par un combi au sortir du bus. Aussi, les affaires déposées dans notre auberge, nous sommes rapidement dans le village, tant pour y prendre un café en compagnie d’un couple de Grenoblois (doudounes obligent !) que pour savourer la vue démente qu’offre ce bled au milieu de nulle part. A vous d’en juger :

 

Puis nous partons pour les thermes. 7km de piste plane (mais à 4100m tout de même !), me permettent de convaincre Claire d’aller le lendemain tenter le Parinacota et son cône enneigé parfait. Il donne trop envie. La marche nous permet de contempler le Sajama sous ses diverses faces. Impressionnant quand même, ce sommet. Puis nous profitons d’eaux chaudes ferrugineuses et soufrées (à l’odeur caractéristique d’œuf pourri  !) avec vue sur le Sajama et les lamas qui paissent à son pied… Le pied !

 

Le retour se révèlera un peu fastidieux : 7km, c’est long en fait ! Puis nous sympathisons et prenons l’apéro avec un couple de Parisiens avant de nous faire à manger, seuls radins à ne pas se restaurer à l’hôtel… Mais la plâtrée de pâtes du randonneur est efficace et, le sac bouclé, nous sommes vite allongés pour quelques heures de repos.

Car un nouveau réveil dès potron minet nous attend : après un bref petit déj’, nous nous réfugions dans le 4×4 d’Ariel accompagné de son jeune frère (cousin ?). 1h30 de montée sableuse nocturne dans un no man’s land nous mène à l’improbable refuge, où nos pires craintes se confirment : il y a du vent. Une douce brise… de 55-60km/h constante avec des rafales à 70-80km/h nous gifle en pleine face ! Nous luttons dans le noir complet : la lune est cachée et la cendre est noire. Et on en prend plein la gu… : les yeux et la bouche sont emplis de cette cendre volcanique légère que le vent soulève, un vrai régal !… C’est donc logiquement que nous faisons demi tour. Nous redescendons notre maigre dénivelé en… 15min ! La cendre a ses bons côtés ! Et réveillons nos chauffeurs, en fait ravis de rentrer dormir au chaud… Le lever du jour est agréable, mais gâché par la déception qui nous anime : ce sommet à l’air tellement beau ! Mais au final, il n’y a pas de regret à avoir car ça a soufflé fort toute la journée. Nous avons donc bien fait de renoncer… et de nous recoucher ! Ce sera une bonne occaze de revenir se balader dans ce magnifique parc naturel du Sajama ! Via notre bon petit Ariel, nous resortons du parc vers midi afin de prendre un bus au niveau de la frontière Chilienne. Nous avons en effet la chance de tomber direct sur un bus avec 2 places dispos… Aussi, 5h plus tard sommes-nous rendus à notre petite auberge proche du centre, encore tout émus de notre aventure désertico-volcanique. Et c’est là que les copains cyclo de Cusco (Gauthier, Evelyne et William) font vibrer nos téléphones.

Nous les retrouvons le lendemain pour une visite de la ville, en téléphérique je vous prie ! Car La Paz est célèbre pour ce moyen de transport ultra-moderne, installé depuis 4 ans et toujours en cours (bientôt 11 lignes !). Et ce city-tour des airs s’avère fort instructif.

 

 

 

Et c’est après ce moment convivial partagé avec nos amis cyclistes que nous quittons cette grande métropole pour aller trouver plus au Sud une ambiance désertique faite de salars et autres étendues arides… Après un dernier regard sur la ville :