Île Sud ou les merveilles de la Terre du Milieu

Une semaine dans l’île Sud, de cols en vallées, de routes en chemins, où notre conquête de l’Ouest et de ses merveilles naturelles. L’occasion de découvrir les cascades, rivières, glaciers, forêts, montagnes, plages et autres bijoux de cette Terre du Milieu.

 

 

A Christchurch, nous atterrissons sans encombre puis allons direct auprès des loueurs de voiture. De nuit, nous tournons un peu (travaux) mais arrivons finalement chez Allana, notre hôte pour ce soir. Elle est couchée mais nous a laissé accès à sa maison et bientôt, nous sommes ravis de retrouver un lit : après quelques jours plutôt inconfortables et avant un mois sous tente, nous savourons… On se lève tardivement, trainant entre lessive, cafés et organisation des quelques jours à venir. Puis, nous réitérons la case magasins pour finir de nous équiper. Cela se révèle fastidieux et donc, chronophage. Mais à 17h, nous pouvons rouler l’esprit tranquille : matelas gonflable, popotte, réchaud, gaz, courses, tout y est, fin, on espère ! Les routes sont bien directes, avec des paysages très campagnards et champêtres. Nous montons très progressivement, toujours cap vers l’Ouest. La vue s’élargit donc, révélant de jolies montagnes vallonnées avec les hautes herbes de l’été. Puis, nous nous arrêtons pour la nuit près du village de Castle Hill, dans un camping. Le burger maison qui suit est fameux ! En effet, on ne va guère pouvoir manger de viande pendant quelques temps (conservation compliquée), alors là, on en profite !

 

 

Notre tente à 20€ a fait le job : bien que petite (surtout une fois le matelas gonflé), elle semble tenir à la pluie correctement. Nous plions les gôles, avalons notre petit déj’ puis nous dirigeons vers Castle Hill aperçu la veille dans les brumes. La bruine a cessé et les nuages se dissipent désormais. Nous allons donc pouvoir découvrir ce site d’escalade. Il faut s’imaginer une colline truffée de blocs de toutes tailles, aux formes variées et aux douces couleurs sur fond d’alpages à perte de vue. Entre hautes herbes et calcaire en folie, nous déambulons, les yeux ne sachant où s’arrêter. Nous faisons bien quelques blocs mais l’absence de crash pad (matelas de protection) ne nous incite pas à nous engager et tenter du « dur ». On grimpouille, quoi !

 

 

 

 

 

 

Ambiance du site : une petite merveille de formes et textures
Ambiance du site : une petite merveille de formes et textures

Quelques encablures plus loin, nous nous baladons sur le « cavestream loop track », un court sentier faisant découvrir une rivière souterraine. Mais en l’absence de combi, nous nous contentons de regarder :

 

 

Une bonne salade plus tard, la jolie route nous emmène un peu plus en hauteur, révélant des paysages tantôt minéraux, tantôt des plateaux herbeux. Parfois, une étendue d’eau. On distingue au loin des glaciers qui descendent très bas (500-600m d’altitude seulement) et nous montons à leur rencontre.

 

 

Arthur’s pass, col peu marqué, est vite atteint. Nous nous y arrêtons pour une balade vers la « Devil’s punchbowl fall ». Ça vaut le détour :

 

 

Nous plongeons ensuite au Nord-Ouest jusqu’à la côte. La route est agréable, bien que la chaleur m’ensuque quelque peu. Nous roulons jusqu’à Hokitika, village côtier, où nous montons la tente. Le camping, familial, est très champêtre, entre paons en semi-liberté et moutons qui broutent le long de la rivière Hokitika. C’est calme et bien vert.
Nous repartons ensuite pour la « Hokitika gorge walk » à la découverte des belles eaux glaciaires de cette vallée. Malheureusement, le ciel s’est bâché et les couleurs sont un peu ternes. Et les sandflies attaquent à tout va…

 

 

Nous allons donc en bord de mer afin de fuir ces infectes bestioles, le rivage semblant leur déplaire. Banco, on peut prendre notre apéro vin rouge (plaisir local !) tranquilles ! Puis, nous savourons notre coucher de soleil avec une petite salade garnie (notre spécialité en Niouzi : frais, sain, rapide, peu de préparation).

 

 

Sitôt la nuit tombée, nous allons voir la typicité locale, à savoir les grottes à lucioles. Il y en a moult dans le pays, plus ou moins connues / impressionnantes. Nous irons donc à celle ‘touristique’ puis à une autre, lors d’une balade digestive à deux pas de notre camping. Voir ces lumières dans la nuit sur un couvert végétatif est vraiment sympa, très estival. Flash de chinois mis à part, c’est assez poétique.

Vue sur Hokitika depuis l'accès à la cave aux lucioles
Vue sur Hokitika depuis l’accès à la cave aux lucioles

 

Le lendemain, nous attaquons dès potron minet (genre à 9h !) pour profiter d’esthétiques brumes dominant le camping. Le petit déj’ dans pareil cadre est idyllique.

Camping champêtre
Camping champêtre

Puis, sur la route menant à Franz Joseph Glacier (drôle de nom ?!), nous prenons un autostoppeur. Nous ne converserons guère, sa soirée de la veille semblant avoir laissé trop de traces… Nous le déposons à F. J. Glacier village. Nous sommes à 15km de la mer, à 300m d’altitude et des neiges éternelles sont présentes : très improbable ! Monter la tente dans une végétation luxuriante avec fougères géantes, cocotiers, … en voyant les glaciers tout près est déconcertant au possible…

 

 

Mais le temps tourne au maussade et la journée est avancée, aussi réservons-nous notre incursion vers les glaciers pour le lendemain. Nous nous dirigeons donc vers la côte, longeant les lacs Mapourika et Wahapo pour rallier le village de pêcheurs d’Okarito. Situé entre des lagons, la situation nous parait tentante. Nous pensons partir sur une rando de plage mais sommes vite rendus à la raison par les éléments : c’est marée haute et ça ne passe que 1h avant ou après l’étale de marée basse… Raté ! Nous passerons donc par les bois côtiers. Notre parcours en montagnes russes traverse une dense végétation avant de nous mener à un lagon perdu et une plage déserte. Rares sont les randonneurs croisés et nous avons le coin pour nous seuls : c’est grisant d’avoir cette immense étendue rien que pour nous !

 

 

 

 

Plus de détails de cette balade sur c2c.

Les routes kiwis offrent des surprises "funky"
Les routes kiwis offrent des surprises « funky »

 

Le lendemain, le temps est mitigé mais nous tentons quand même le coup. L’idée pour éviter les touristes est d’aller à un point de vue sur le glacier ou il faille marcher un peu… Nous optons pour le contrefort Alex Knob. Après une heure de faux-plat, nous montons assez régulièrement dans la forêt, toujours très dense. Elle arbore moult teintes, formes et tailles de vert. La fougère reste la reine, présente partout et sous toutes ses variétés. Mais le temps reste grisou, voire empire… Du ciel, nous sentons quelques gouttes. L’arrivée à une des rares trouées dans la forêt nous confirme que ça se gâte : nous profitons de la vue offerte d’où nous pouvons apercevoir le glacier, puis décidons de ne pas poursuivre afin d’éviter la très probable ondée.

 

 

Plus de détails de la rando sur c2c.
Nous parvenons cependant à descendre au sec. Mais une fois dans la voiture, le ciel se vide : bon timing ! Nous errons quelque peu dans F. J. Glacier village mais le tour en est vite fait. Avec un musée éducatif sur les kiwis, nous croyons tenir notre plan B, mais à 35$ l’entrée, faut pas exagérer ! On trace donc la route cap au Sud. Fox Glacier, avec des gouttes et un plafond bien bas, n’a guère d’attrait, puis nous arrivons sur la jolie route côtière de Haast Highway, passant par l’esthétique Bruce Bay. Mais sous la pluie, ça perd un peu de son charme…

 

 

On s’en tient donc à un petit goûter en bord de route pour profiter d’un peu de Wi-Fi, le tout dans la voiture pour éviter les voraces sandflies… Puis, nous roulons jusqu’au lac de Paringa alors que la pluie se calme. Elle nous permettra de monter notre tente au sec tout près du lac. Mais accalmie + eau stagnante = sandflies en masse ! On ne peut se décider à aller se baigner dans le lac comme le font nos voisins de camping tellement ces satanés insectes nous harcèlent ! Mais comment font donc ces anglaises pour rester en mini shorts ?!

Dès le matin, les sandflies se rappellent bien vite à nous… Nous sommes donc efficaces, avalant le petit déj’ entre deux moulinets de bras et gesticulant lors du repli de la tente (car le mouvement semble limité les dégâts)… Bref, la voiture est notre refuge !

Fort agréable spot de camping, malgré l'invasion de sandflies
Fort agréable spot de camping, malgré l’invasion de sandflies

Nous atteignons rapidement à une route sinueuse surplombant la côte. Celle-ci se fait plus découpée et nous faisons une escale photogénique :

 

 

Un deuxième arrêt peu après nous permet de nous dégourdir les pattes. Une tour de guet et un sentier découverte bien aménagé nous ouvrent sur un écosystème typique du coin. Le retrait glaciaire (qui plongeait il y a encore peu – quelques milliers d’années à peine – dans la mer) a créé ici des lacs entre deux dunes. Ils sont le refuge pour de nombreuses espèces tant végétales qu’animales (oiseaux, surtout), dont certaines endémiques.

 

 

 

Nous atteignons ensuite Haast où nous faisons une brève pause au Visitor’s center pour nous renseigner sur les intérêts du coin.

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Important conseil du visitor’s center : ça ne s’invente pas !

La route semble autoporteuse. Aussi, la suivons-nous, nous arrêtant chaque fois qu’un point remarquable nous attire. Nous roulons désormais vers le Sud-Est et montons vers le col de Haast le long de la très large rivière homonyme. Elle était également occupée par un gigantesque glacier désormais riquiqui… Un sentier permet d’accéder au lit de la rivière et profiter de ses eaux aux somptueuses couleurs :

 

 

Nous nous arrêtons ensuite manger au pied d’une large plaine, restant en mouvement pour éviter (ou plutôt limiter !) les attaques de sandflies. Puis, quelques encablures plus loin, nous allons trainer nos chaussures au pied de la grande cascade de  Thunder creek.

Thunder creek waterfalls
Thunder creek waterfalls

Puis, peu avant le col, une autre cascade :

 

 

Sur l’autre versant, une autre balade nous mène à de superbes eaux translucides. Elles ont de superbes reflets bleu turquoise. Mais seuls quelques courageux y sautent depuis le pont (8 m de haut tout de même), sortant bien vite après une brasse endolorie par le froid mordant ! Beau mais vraiment très touristique :

Superbes couleurs dans ces blue pools
Superbes couleurs dans ces blue pools

Notre longue descente sur Makaroa (pause café) puis le proche lac Wanaka est synonyme de retour vers le beau temps. Et que c’est agréable dans pareil cadre :

 

Un arrêt au camping de Boundary creek est tentant mais le vent y est vraiment trop fort.

 

 

Nous continuons de longer agréablement la rive gauche du lac de Wanaka :

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Panoramique du lac Wanaka depuis le Nord

Puis, un étroit isthme nous fait découvrir un deuxième lac, aussi beau que le premier :

Explosion de couleurs (d)étonnantes, les rétines saturent !! Et promis, on a fait 0 retouche...
Explosion de couleurs (d)étonnantes, les rétines saturent !! Et promis, on a fait 0 retouche…

On en prend plein les mirettes : des lacs aux couleurs superbes, des pics enneigés dans le fond et des collines aux douces rondeurs au premier plan, tout y est ! On s’arrête souvent tellement c’est beau :

 

 

Puis on arrive à Wanaka, réputée une des plus agréables villes de Niouzi. C’est une petite bourgade bien tranquille établie sur les bords Sud du lac avec une superbe vue sur les montagnes environnantes, dont le haut Mont Aspiring (star locale, 3033m).  Nous faisons le plein de victuailles mais négligeons celui de la voiture, pensant que ça tiendra bien jusqu’au lendemain. C’est donc un peu stressés que nous roulons sur la réserve pour atteindre notre camping, établi sur une belle berge herbeuse du lac d’Hawea…
La tente montée, sans trop de sandflies (pour une fois !), c’est l’heure d’un bain mérité dans le lac. Il est certes frais mais cela reste fort agréable (et pratique pour se laver !). Nous savourons ce rivage, entre apéro et repas au soleil.

 

 

Nous nous levons alors qu’il fait encore nuit… Ainsi, la rosée n’a pas eu le temps de se lever et la toile de tente est encore sèche, hé, hé… Car, oui, quand on se réveille avant l’aube, on se rassure comme on peut… Tout ça car aujourd’hui, c’est randonnée. En effet, depuis notre arrivé dans les parages, cet Isthmus peak nous fait de l’œil : jolies rondeurs de volcan, situation idéale surplombant les deux lacs, dénivelé raisonnable pour nos jambes assez peu entraînées dernièrement… Bref, le temps est radieux et bien que sur la réserve, la voiture nous mène tout de même au parking…  Après un faux départ (!), nous entamons la montée.

 

Nous montons progressivement dans les alpages, franchissant les clôtures de moutons. Au détour d’un virage, nous sortons les jumelles pour observer un troupeau de biches et de cerfs. Puis ce sont de larges et longs lacets. On gagne assez vite de l’altitude. On passe ensuite une crête afin d’atteindre le versant soleil (on était au Sud), découvrant de belles crêtes entre herbes et roches découpées, toujours avec l’omniprésent lac de Hawea :

 

Puis, nous parvenons sur la crête finale puis au sommet. La vue, bien que commençant à se couvrir, est très ouverte :

 

Nous n’avons croisé que peu de gens vue l’heure encore matinale. La descente contraste donc car des dizaines de personnes montent, désormais en plein cagnard… Nous sommes alors bien contents de redescendre !

 

Plus de détails de cette randonnée sur c2c.
Une dame nous taxe de la crème solaire et, à cette occasion, nous sympathisons avec un couple de Français. Nous ferons la descente ensemble et partagerons un bon moment au parking. Mais il se fait faim, aussi reprenons-nous bientôt la route de Wanaka. Nous nous installons au bord du lac pour un repas et une sieste mérités. Puis, étant proches, nous allons voir le symbole de la ville, un arbre en partie immergé :

 

Après un passage au Visitor’s center pour préparer la rando du lendemain, nous allons au pied du lac d’Hawea nous installer au camping. Rudimentaire mais complet, il est bienvenu car les ondées arrivent… La douche chaude fait alors vraiment du bien ! Nous passons le reste de la journée à esquiver les gouttes, se réfugiant au bar pour trouver un peu de Wi-Fi… et une bonne pression ! Puis, après un repas entre les ondées, nous nous reposons.

 

Le réveil vient de la pluie qui tombe sur la toile de tente avant que celui du téléphone ne se déclenche. Je me lève (5h) malgré tout mais me retrouve vite bien seul, Claire n’étant guère motivée : c’est compréhensible vue la météo pourrie… Aussi, nous rendormons-nous quelques temps avant qu’un peu de soleil n’apparaisse. C’est l’occasion de s’activer entre petit déj’ et séchage de tente car l’averse suivante ne tardera pas. Le moral a chuté aussi vite que les températures… Car ici, tout l’intérêt réside dans les activités extérieures donc quand le temps n’est pas de la partie, bin, y’a pas grand chose à faire ! Mais cela ne dure guère. Nous finissons par regagner l’espoir d’une météo correcte et avec lui vient le vent qui chasse les nuages : merveilleux ! Aussi nous mettons-nous en route.

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Une fois l’ondée passée, couleurs magnifiques sur le Sud du lac d’Hawea

Le plan B est tout proche. Nous roulons au Sud du lac de Wanaka puis nous arrêtons dans un joli cadre campagnard. C’est le départ pour Diamond’s lake, recommandé hier par nos acolytes Français. Nous entamons la balade et rejoignons vite le lac du diamant, en vrai un petit étang !… On monte ensuite profiter du point de vue. Si vous êtes attentif/ve, vous apercevrez peut-être des grimpeurs/euses sur les photos (le coin est idéal pour débuter) :

 

Puis, nous poursuivons en direction du sommet de Rocky peak. C’est une jolie balade facile qui nous mène à un magnifique belvédère sur le lac de Wanaka :

 

Nous redescendons ensuite par un autre chemin pour faire une petite boucle et varier les vues :

Sud du lac de Wanaka et tous ses 'bras'
Sud du lac de Wanaka et tous ses ‘bras’

 

Sur le retour, qui ne croisons-nous pas : le couple de Français de la veille, celui-là même qui nous avait conseillé de venir nous balader ici… Nous les remercions de la bonne idée et papotons un peu. Puis finissons par redescendre.
Plus de détails sur la randonnée sur c2c.
En effet, nous avons de la route à faire. Nous décidons de passer par les montagnes, réservant la vallée pour plus tard. Entre les grands champs et nombreux moutons, nous découvrons une curiosité : pour collecter des fonds pour lutter contre le cancer du sein, locales et touristes ont accroché leur soutien-gorge à la clôture. Plutôt déconcertant, cette super bonne idée :

Allée de soutifs !!
Allée de soutifs !!

Puis, suivant notre application de cartes MapsMe, Claire nous dégotte un « camping » à demi sauvage, référencé nulle par ailleurs. On a l’eau courante pour la ‘douche’ et la nourriture (la rivière !), un terrain plat à l’écart de la route, peu de sandflies et, ô surprise, la vue sur l’élevage de biches du coin… On sera très bien, ici !

 

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Nouvelle-Zélande, découverte du pays kiwi sur l’île Nord

Notre première semaine en Nouvelle-Zélande : un bref parcours de l’île Nord, du volcanisme aux « very experienced trampers tracks » en passant par de beaux lacs et des plages sauvages, un retour en occident, bien différent de l’expérience birmane !

 

Nous atterrissons à Auckland après de nombreuses heures de vol et autres transferts. Il y règne une ambiance bien proprette : l’aéroport est nickel, il y a des indications partout et on passe la douane sans sourciller (tant mieux !). Quel contraste avec le Myanmar que nous venons de quitter : l’exact antagonisme, oui !
Nous trouvons vite la navette qui nous permet de récupérer notre nouvelle maison : la voiture de location ! Car la Nouvelle Zélande, ce sont deux grandes îles. Aussi, pour les découvrir, mieux vaut être motorisés. Mais encore faut-il se faire à la conduite à gauche (fichus anglo-saxons…) ! Je parviens néanmoins à sortir de l’aéroport sans encombre et à rallier un supermarché pour s’approvisionner. Puis nous allons chez Russell, notre hôte pour cette nuit. La banlieue résidentielle est hyper calme, au point que, décalage horaire oblige, nous ne nous réveillons le lendemain matin qu’à 11h passées… Donc autant dire que Russel et l’autre couple hébergé (jeunes Français) sont partis depuis belle lurette ! On profite donc du confort de la sédentarité pour manger sur la terrasse, se faire du pain grillé, … Un vrai luxe après l’itinérance continue de ces derniers mois… Mais ce retour rapide à une vie « à l’occidentale » nous déboussole. En effet, nous avons voyagé pendant près de 9 mois dans des contrées moins ‘confort’ et souvent moins modernes, aussi est-ce déroutant. Nous mettrons bien quelques jours à se « remettre dans le bain »…
Une fois le  »programme » établi, nous nous attelons à une tâche ingrate  incontournable : la case magasins… En effet, nous devons nous équiper pour arpenter le pays de la fougère : tente, karémat, nourriture bis, etc. Puis, nous finissons par prendre la route. Direction le Nord Ouest.
Les routes sont peu larges et cela met direct dans le bain de la conduite du « mauvais » côté… Nous traversons de belles forêts très vertes (ça ne promet rien de bon sur la météo locale !…) et raides collines à deux pas de la mer. Cela dégage une belle ambiance de vallons et donne à penser à… …la Normandie* !
*tout lien avec des séjours prolongés que nous aurions passé l’un ou l’autre en cette contrée arrosée de la France rurale serait évidemment fortuit…
Claire déniche, via l’appli idoine (CamperMate® : si tu l’as pas, t’es mort !), un spot de camping. Car c’est toute une mission ici. Il y a une très forte affluence touristique, donc moult vans et caravanes ainsi que quelques rares campeurs. Les autorités ont donc dû organiser le truc : 1/ campings partout le long des routes du pays, 2/ sectorisation entre véhicules self-contained (autonomes) et les autres avec campings exclusifs pour les uns, les autres, mais parfois on mélange les deux  (me demandez pas pourquoi, y’a aucune logique !), 3/ service allant du néant (toilette sèche uniquement) au top moumoutte (trop cher pour nous) car 4/ ça coûte souvent bonbon (genre 7€/pers pour une toilette sèche, pas d’eau, en bord de route…). Dans tout ce fouillis, moyennant patience, on arrive à repérer un bon plan. Ce soir-là, donc, c’était herbe bien verte, toilettes et abri-auvent pour cuisiner, bien au calme le long d’une rivière. Le tout gratis (chose plutôt rare en Niouzi). Donc on plante la tente, puis on repart découvrir le coin. On commence par se rendre à Piha Beach. La route est sinueuse à souhait et offre des panoramas splendides sur la baie.
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Nous nous baladons sur la longue et large plage de sable jaune puis crapahutons sur la colline. Nous nous arrêtons à mi-pente devant un totem maori, la suite du  sentier étant fermée. La vue porte loin sur l’horizon, offrant de bien belles vues :

Puis nous reprenons la route vers la plage locale de Karekare : une immense étendue de sable gris, déserte, entourée de raides reliefs rocheux et peuplée d’oiseaux atypiques. Vraiment dépaysant. Ce charmant coin nous offre un lieu idéal pour trinquer et casser la graine à la santé de ce nouveau pays.

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Le lendemain, après une soirée à batailler avec les sandflies*, nous sommes cueillis par la pluie. Ça tombe plutôt pas trop mal car c’est jour de trajet : 350km sur des routes de campagnes seulement entrecoupées de pauses café et burgers, pour rallier les volcans du centre de l’île.
* sandfly  = moucheron vampire qui, dès qu’il fait jour, cherche une proie bien pourvue pour lui prélever quelques gouttes de sang frais. On n’a rien contre le don du sang, mais la fâcheuse tendance qu’a l’insecte à mordre voracement et à générer des démangeaisons diaboliques persistant des jours entiers nous fait sérieusement reconsidérer la voie du karma (« do not harm any being ») esquissée au Myanmar… Bref, cette bestiole est une vraie saloperie tenace, qui attaque en bande et n’a aucun répulsif connu… ou plutôt efficace…
Nous roulons toute la journée donc mais arrivés, le coucher de soleil offert par les volcans locaux nous scotche :

Le symbole national nous apparait enfin, même si un peu artificiel…

Kiwi, symbole national
Kiwi, symbole national

Le lendemain, nous souhaitons réaliser une rando traversante. Aussi, je dépose Claire au départ de la rando, fais quelques km de route pour aller garer la voiture à l’arrivée et la rejoint en navette (c’est cher mais c’est bien fait…). Nous pouvons donc entreprendre le célèbre T.A.C. (Tongariro Alpine Crossing), seule Great Walk* se faisant à la journée.
*les Great Walks sont les randos les plus réputées et courues du pays. Elles se déroulent généralement sur plusieurs jours, entre huts (refuges basiques forts onéreux à réserver des mois à l’avance) ou spots de bivouac (chers également) pour proposer de découvrir un terroir charismatique du pays.
La rando commence tout doucement le long des doux flancs du volcan Ngaruhoé. On distingue tout proche au Sud le Ruapehu, plus haut sommet de l’île Nord (2800m). Le sentier est immanquable, autoroutier presque… Les indications sont excellentes et le tracé nickel : il y a même des passerelles lorsque l’on est dans des zones humides et des escaliers quand cela se raidit ! Pas très aventureux… Faut dire que l’on doit être 600 ou 700 personnes aujourd’hui à arpenter ce sentier : c’est encore la saison, il fait super beau et on est dimanche… Bref, cela justifie quelque peu les toilettes sèches éparpillées toutes les 2h.

On change vite d’ambiance : pierres sombres, cendres et peu de végétation. Nous entrons bien vite dans le Mordor… Un premier cratère se présente, immense (plusieurs km de diamètre). C’est aride et battu par les vents.

Puis, nous montons sur une crête qui donne une vue plus large. En haut, quelle surprise nous attend : une vue panoramique, moult montagnes dans le lointain et des lacs aux couleurs affriolantes ! C’est très étrange mais superbe :

Fumerolles et autres gaz sont de la partie, amenant cette odeur de soufre qui pue l’œuf pourri… Vraiment ambiance !

Pardi, vue la beauté du lieu, n’oublions pas les moult chinois fans de selfies ! Mais on a nous aussi quelques clichés à partager, hé, hé :

La suite du parcours, après une brève remontée vers un lac alpin plus classique, nous fait redescendre versant Nord. Cela permet d’admirer durant plusieurs heures les lacs de Rotaoaira (petit) et Taupo (géant). Car la descente se révèle assez longue, les 21 km au total se faisant sentir. L’arrivée à la voiture est donc relativement salutaire.

La sortie décrite en détails sur c2c ici.
Nous enchaînons par un peu de route pour rallier un free-camping à Taupo. C’est pas fou mais cela fera l’affaire pour une nuit. D’autant que le beau et grand lac tout proche, avec ses jolies plages paisibles, offre un lieu idéal pour le brin de toilette plus que nécessaire… Le repas avec canards, cygnes et mouettes fait très champêtre !

Nous poursuivons notre incursion au pays des montagnes ardentes en nous dirigeant le lendemain vers Wai-O-Tapu. C’est un parc aménagé mettant en valeur certains effets visibles du volcanisme. C’est onéreux, particulièrement fréquenté mais excessivement beau. Je crois que les images parlent d’elles-mêmes :

Couleur flashy made in niouzi !
Couleur flashy made in niouzi !

Une fois sortis de « Disneyland Vulcain », nous continuons dans la même fibre en allant voir des ‘mud pools’ (bassins de boue bouillonnants) :

Puis, nous allons nous baigner dans une rivière thermale bien trop chaude vue la météo (grand beau, grand chaud !) :

Rivière d'eau chauffée à la lave. Verdict : 40°C !
Rivière d’eau chauffée à la lave. Verdict : 40°C !

Enfin, un brin de route nous mène à Rotorua, grande ville en bord de lacs. Nous logerons ce soir dans une auberge de jeunesse. Fin, pour être plus précis, on profitera de tous les services et on dormira dans la voiture, coût oblige… La piscine, fraiche à point, sera un régal, tout comme la douche bien chaude, méritée après plusieurs jours de « plans pas chers »… Nous pouvons aussi profiter, ô luxe extrême, de vaisselle et gaz pour nous faire un « vrai » repas (comprendre : avec un plat chaud…).

Le lendemain, nous avons presque mieux dormi dans l’auto que sous tente sur nos karémats bien trop minces… Nous avons réalisé qu’aller à Cathedral Cove nous fera trop de trajet pour la journée, surtout que nous devons être à Auckland le soir. Donc, suivant les conseils de la jeune de l’auberge, nous partons pour Karangahake, vallée semble-t-il encaissée, chargée d’histoire et dotée d’une belle cascade. Nous trainons un peu, le temps notamment de réorganiser la voiture et la laver (on la rend ce soir au loueur). Puis, nous faisons escale sur la route à Waihi Beach pour le déjeuner. Plutôt pas pire :

Nous rallions ensuite ladite vallée. La rivière est bien jolie et ses méandres lui donnent un charme certain. Nous trouvons rapidement la cascade. Et force est de constater que ces Owharoa Falls sont magnifiques. On s’y prélasse langoureusement.

Puis, nous nous égarons avant de trouver le bon départ des randos historiques. Nous n’aurons pas le temps de parcourir celles empruntant un tunnel de 1,2 km mais juste un petit aperçu des alentours. Car le site était dédié à l’orpaillage et persistent quelques vestiges des différentes étapes de l’extraction de l’or au fil des âges. Sympa, mais étonnés du fait que Histoire soit ici synonyme de 100, 150 ans maximum… C’est que le pays, ultra excentré et très isolé, a une histoire vraiment récente. Cela nous laisse donc un peu sur notre faim, car on ne s’attendait pas à ça !

S’en suit la route jusqu’à Auckland. Le temps de déposer notre véhicule, de prendre une navette et nous pouvons attendre paisiblement notre vol pour Christchurch. Le début de notre aventure sur l’île Sud peut commencer…

De Bagan à Thabarwa : poésie et sourires

Après de paisibles jours passés autour du lac Inle, nous voilà embarqués pour le splendide site archéologique de Bagan, au centre du pays. Celui-ci n’a rien à envier au Machu Picchu ! Nous y restons quelques jours avant de rejoindre la grande ville de Mandalay et ses cités royales. De retour ensuite sur Yangon, nous partons une petite semaine dans un centre de méditation faire du volontariat, une expérience qui nous marque profondément, avant de quitter ce pays emprunt de tellement de sourires…

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5h30 du mat… Bienvenus à Bagan !

Archéologie et fantasmagorie à Bagan

Nous arrivons donc à Bagan le 18 janvier à 3h30 du mat, ouch, ça fait mal ! C’est que les bus de nuit ne sont pas vraiment calés au rythme du soleil ici… Cela a un avantage pour nous car à pareille heure, le taxi ne nous arrête pas au péage du site archéologique de Bagan… Nous sommes chanceux ! Arrivés à l’hôtel, la réception nous ouvre à 4h. Nous patientons sur le canapé jusqu’à 5h et nous motivons pour aller louer un petit scooter électrique à 5h30 à une petite dame qui ne parle pas un mot d’anglais mais adorable… et surtout plus réveillée que nous ! Et c’est parti pour tracer la route de nuit dans un site archéologique qui nous est totalement inconnu mais surtout qui est immense selon ce que nous en avons entendu (plus de 100 km² !!). Nous nous arrêtons à un premier bâtiment, enfin une ruine que nous avions repérée, pour voir le lever de soleil sur Bagan. Le problème est que la plupart des toits des bâtiments ont été fermés en 2018, il ne reste donc plus que quelques perles rares auxquelles nous pouvons accéder, et le jeu consiste à les trouver ! Pour celle-ci, c’est râté… Mais le petit côté Indiana Jones nocturne est plaisant. Nous cherchons un autre temple : toit fermé aussi… Nous nous contentons donc de rester sur la terrasse de celui-ci pour admirer les premières lueurs du jour qui commence déjà à poindre.

Et quel spectacle ! Découvrir le site dans ses brumes matinales, voir émerger les toits pointus des ruines de temples vieux de plus de 8 siècles et s’imprégner de tout le mysticisme que cela représente est un moment magique. Le ciel s’éclaire petit à petit et le rougeoyant Bagan se découvre sous nos yeux… Et nous n’avons encore rien vu ! Heureux du spectacle, nous descendons de notre terrasse pour reprendre la route et voir les montgolfières décoller l’une après l’autre. Chaque matin, c’est le même poème qui s’écrit au-dessus du site de Bagan : une vingtaine de montgolfières qui s’envolent pour admirer Bagan de haut. Un poème que nous nous contentons de regarder du sol car pas vraiment abordable financièrement (350€ le vol d’1h…).

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Brume matinale sur Bagan
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Premier lever du jour sur Bagan

Nous rentrons à notre hôtel, des étoiles plein les yeux… fin, du soleil plutôt ! Et nous profitons du bon petit dej’ buffet à volonté de l’hôtel. Étonnamment, nous sommes en forme après une courte nuit dans le bus. Nous enchaînons donc la journée et retrouvons Charlotte que nous avions rencontrée à Hpa An. Nous sommes bien contents de nous retrouver et passons la journée ensemble. Charlotte connaît bien le site, y étant depuis 3 jours. On se balade donc tranquillement à la découverte de cet immense Bagan. Une journée classique à Bagan consiste à voir le lever de soleil du haut d’un temple, prendre son scooter et se balader la journée dans l’immensité du site et s’arrêter quand un temple nous plait au milieu de la plaine, faire une petite sieste et contempler enfin le coucher de soleil. C’est que le soleil donne toute sa splendeur aux vieux temples couleur brique qui semblent s’embraser. Nous ne dérogerons donc pas à la règle avec Charlotte. Nous zappons juste la petite sieste aujourd’hui. Nous visitons tout d’abord le temple Ananda, que nous avons pu admirer le matin même de nuit, puis nous arrêtons à d’autres temples dont je vous épargne les noms, mais pas les photos :

Dans l’après-midi, Charlotte fait un saut à son hôtel et nous visitons de notre côté un temple. Et quelle surprise à l’entrée de tomber nez à nez sur Pierre et Rosy ! La Birmanie est petite… On décide de se donner rdv dans 2 jours car Charlotte nous attend pour le coucher du soleil. Elle a repéré un petit spot la veille sur lequel nous pouvons monter sur le toit. Nous sommes une vingtaine de personnes mais nous ne sommes pas déçus du spectacle, tout aussi émouvant que celui du matin.

Nous rentrons après ce beau moment en empruntant les chemins sableux de nuit, belle ambiance ! Après un dernier petit resto avec Charlotte, nous nous disons aurevoir cette fois « pour de bon » et allons au dodo. C’est que cette longue journée aussi belle soit-elle, nous a assommés.

Le lendemain, nous n’avons pas le courage de nous lever à 5h pour voir le lever de soleil… Mais nous repartons un peu plus tard pour une journée de découverte plus en profondeur du site. Nous avons repéré les temples importants à ne pas rater et ça en fait déjà pas mal sur la liste ! Alors, après le petit dej’, on attaque ! Nous enfourchons de nouveau notre scooter électrique (soit dit en passant, un engin génial, qui ne fait pas un bruit !) et partons de nouveau arpenter Bagan. Nous ne laissons pas trop de temps cette fois-ci au hasard, en nous perdant dans les petits chemins car le nombre de beaux temples à visiter est énorme. Parfois, nous avons besoin d’une petite lampe pour pouvoir admirer les fresques murales d’époque, non éclairées pour les conserver ! Bouddha était déjà bien présent au XIe siècle ! Au cours de notre visite, nous avons repéré une ruine un peu perdue sur laquelle nous avons accès au toit par un escalier très aérien. Nous avons trouvé notre spot du lendemain pour le lever de soleil !

Nous terminons la visite du site par une immense pagode dorée au bord de l’Irrawaddy, le fleuve qui traverse tout le pays. Il y a essentiellement des birmans qui viennent ici, c’est un lieu de pèlerinage et ils veulent donc prendre des photos avec nous (lol).

Nous cherchons ensuite notre temple coucher de soleil, mais celui que nous trouvons est fermé… Nous nous retrouvons donc au centre du site sur un lieu prisé des touristes pour ce moment de la journée, mais une fois encore, c’est magnifique !

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Coucher de soleil sur Bagan

Le jour d’après, cette fois-ci nous nous levons ! 5h 30, sur le scoot’, nous partons rejoindre notre spot repéré la veille. Nous y arrivons sans problèmes et savons qu’il faut être prudent pour la montée sur le toit qui est en fait une sorte de tour creuse. Mais ayant bien repéré la veille, il n’y a aucun soucis, nous prenons place sur notre petit toit, seuls au monde ! La vue est spectaculaire, dégagée, avec un gigantesque temple devant nous et plein de petits toits pointus éparpillés tout autour. Le jour se lève, les montgolfières décollent et commencent leur danse dans la palette du peintre… Nous savourons le moment…

Vol des montgolfières sur Bagan
Vol des montgolfières sur Bagan
On admire Bagan à 6h du mat depuis notre belvédère...
On admire Bagan à 6h du mat depuis notre belvédère…
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Soleil du matin qui éclaire les temples qui sortent de la brume à Bagan

Nous descendons de notre toit pour aller prendre le petit dej à l’hôtel, puis allons retrouver Pierre et Rosy au temple Ananda. C’est la plein lune en ce moment et il y a une grande fête bouddhiste au temple. Nous nous fondons donc tous les 4 dans la masse des pèlerins et observons les rituels d’offrande avec des moines qui semblent jouer à la loterie (on sait bien que ce n’est pas ça mais on aurait bien eu besoin d’un guide local pour comprendre sur ce coup là). Nous prenons ensuite un petit café tous les 4 et nous donnons de nouveau rendez-vous pour la prochaine étape, car nous serons à Mandalay au même moment !

Nous rentrons à l’hôtel et attendons un minivan qui doit venir nous chercher pour nous rendre au Mont Popa, à une cinquantaine de km de Bagan. Le Mont Popa est un volcan situé au beau milieu d’une plaine immense au sud-est de Bagan. Il est possible d’y faire une randonnée pour atteindre le sommet mais nous avons plutôt décidé de gravir les 700 marches qui montent au rocher Taung Kalat situé en face. Depuis ce rocher, nous avons une vue panoramique sur la plaine et avons de nouveau droit à un splendide coucher de soleil. Nous essayons en revanche de ne pas nous faire piquer nos lunettes de soleil par les singes qui ont envahi la zone (malheureusement extrêmement polluée). Jolie petite escale qui nous laisse néanmoins un peu abasourdis par les pèlerins en bord de route qui se suivent sur des dizaines de km pour réclamer des donations auprès de toutes les voitures qui circulent sur la route. Nous pensons que cela est dû à la fête de la pleine lune mais cela nous laisse bien interrogateurs…

Le Mont Popa depuis Taung Kalat
Le Mont Popa depuis Taung Kalat
Coucher de soleil au Taung Kalat
Coucher de soleil au Taung Kalat
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Rencontre entre les mondes 🙂

Mandalay et les cités royales

Lundi 21 janvier, nous avons réservé notre bus pour nous rendre à Mandalay ce matin. Grande ville un peu plus au Nord du pays, connue pour ses cités royales alentours. Le trajet est cette-fois-ci bien mouvementé et on frôle la panne, mais ouf les réparations semblent plus efficaces qu’au Népal ! Nous arrivons donc à Mandalay en milieu d’après-midi et déposons les affaires à l’hôtel. Le séjour sera bref, nous réservons déjà un bus de nuit pour le lendemain car nous voulons être à l’heure pour notre volontariat dans le centre de méditation près de Yangon. Nous terminons la journée en réservant un tour pour le lendemain dans les cités royales autour de Mandalay avec Pierre et Rosy qui arrivent à Mandalay ce soir. Nous testons ensuite le night market, bien moins probant qu’a Yangon ou dans les autres villes que nous avons pu visiter… Mandalay est une bien grande ville ! Mais nous ne disons tout de même pas non à un bon buffet birman dans la rue.

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Journée à Mandalay avec Pierre et Rosy
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Au milieu des moinillons et des monnialettes

Le lendemain, le taxi (privé svp !) vient nous chercher à 8h30 à l’hôtel. Nous passons ensuite prendre Pierre et Rosy au leur et c’est parti pour une journée de visite !… de temples… de stupas… de pagodes dorées… et de temples… stupas… pagodes dorées… Nous arrivons un peu à saturation des démonstrations du bouddhisme, on doit bien l’avouer. Trop de Bouddhas… tue le Bouddha ! Nous passons néanmoins une très belle journée en compagnie de nos 2 acolytes voyageurs du 3ième âge. Nous commençons par la cité d’Amarapura et le chauffeur nous dépose à un monastère pour que nous admirions le déjeuner des moines à 10h15. Nous n’avions rien demandé et sommes un peu surpris de nous retrouver parmi une horde de touristes chinois qui mitraillent de photos à bout portant les moines qui défilent avec leur bol pour se rendre dans leur cantine… Expérience peu agréable… Nous continuons ensuite pour nous rendre de l’autre côté de l’Irrawadyi, visiter Sagaing et sa colline aux 1001 stupas dorées, impressionnant vu du pont !

Après une petite pause repas (nous gagnons de nouveau une bière gratuite avec le jeu des capsules de bières Myanmar hé hé !), nous traversons l’Irrawadyi en barque pour être attendus de l’autre côté par une calèche… un bon attrape touristes ! Mais bon… La balade vaut tout de même le détour sur cette dernière cité royale d’Innwa, avec des ruines d’anciennes murailles sur le passage. Nous visitons un magnifique monastère en bois, très sombre et austère, perdu au milieu de la jungle, puis visitons un petit Bagan, jolies ruines perdues au milieu des rizières.

Nous demandons ensuite à la calèche de nous ramener au bateau car nous voulons voir le pont d’U-Bein au coucher du soleil. Le pont d’U-Bein est un immense pont qui relie deux villes tout construit sur pilotis de bois. Celui-ci a un charme fou au coucher du soleil. Le problème… c’est que tout le monde le sait ! Nous n’avons jamais vu autant de touristes en Birmanie ! C’est le défilé de touristes sur le pont… Vraiment dommage. Mais le coucher de soleil n’en reste pas moins splendide, on vous montre…

Et voilà, notre petit tour un peu trop touristique à notre goût à Mandalay nous aura tout de même permis de passer une belle journée avec Pierre et Rosy. Et le chauffeur nous dépose au terminal de bus où notre bus de nuit nous attend pour un retour à Yangon !

Nous arrivons à Yangon vers 6h et connaissons désormais bien le trajet pour revenir à notre petite auberge. Nous demandons s’il reste de la place pour ce soir et décidons finalement de rester une nuit ici pour se reposer un peu avant le volontariat. Le soir, après une petite bière, nous gagnons 100 000 kyatts (plus de 50€) au jeu de la capsule de bière !! On n’en revient pas… La propriétaire de l’auberge nous aide à récupérer les sous, vraiment trop adorable !

Volontariat à Thabarwa

Nous repartons le lendemain dans l’après-midi pour nous rendre au centre de méditation ThaBarWa que nous avons contacté pour faire du volontariat. Le centre est à 1h30 en bus de ville de Yangon et se situe dans la ville de Than Lyin, derrière le bras de mer qui la sépare de Yangon. Le bus nous dépose au bout de la rue du centre et nous traversons celle-ci pour atteindre le panneau ThaBarWa Nature Center. Nous sommes hyper surpris de la grandeur du site. Il s’agit en fait d’un village entier qui a été construit ici par un moine pour recueillir les birmans les plus démunis.

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Entrée du centre de méditation ThaBarwa

Nous allons nous enregistrer, puis une monniale nous indique le bâtiment où nous allons loger : le USA Hall, un grand bâtiment dans lequel sont logés plus de 50 volontaires ! C’est impressionnant, mais l’ambiance internationale est bien sympathique ! Il y a tellement de volontaires qui viennent qu’il ne reste plus de place dans les dortoirs… Ils ont donc installé une sorte de « camp de réfugiés » au dernier étage où va dormir Jean-Yves, et moi j’ai la chance (ou pas… je vous passe l’épisode du rat que j’ai trouvé dans mon sac un matin en mettant la main dedans… brrrrr) d’avoir un lit dans un dortoir de filles. Nous prenons connaissance petit à petit des lieux et nous rendons vite compte qu’il faudra s’habituer à la crasse… Mais la bonne humeur qui règne ici nous fait vite oublier tout ça. Un petit tour de présentation du village pour les nouveaux volontaires est organisé à 17h et cela nous permet de se repérer un peu mieux dans ce village. Il y a plus de 7 hôpitaux qui ont été installés ici ! A 18h30, c’est l’heure du repas avec tous les volontaires, et on réalise là le nombre que nous sommes, avec pas mal de français dans le groupe ! Encore… Arf ! Puis 19h15, nous avons rdv pour le meeting, ce sera notre petite routine de tous les jours. Le meeting sert à réunir tous les volontaires pour recueillir les impressions du jour et planifier le programme du lendemain sur les différentes activités organisées par le centre pour les patients des hôpitaux essentiellement, mais aussi pour les enfants, les moines… On peut s’inscrire à autant d’activités qu’on le souhaite, c’est bien organisé et il y a peu de chances de s’ennuyer !

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Aperçu du planning d’activités pour les volontaires

Tout cela est orchestré par Loïc, un français, le « volonteer manager »,  également volontaire depuis 21 mois ici. C’est très bien fait et il y a une très belle énergie parmi les volontaires. Entre les activités en aide aux personnes du village, nous pouvons faire de la méditation, du yoga, du taï chi… grâce aux volontaires qui encadrent bénévolement les cours, c’est vraiment génial ! Durant 5 jours passés dans le centre, nous allons donc essayer de nous inscrire à quasi toutes les activités afin de pouvoir avoir une perception un peu complète du travail qui est réalisé ici. Je vous décris donc ici chacune des activités que Jean-Yves et moi avons réalisées au cours de ces 5 jours :

« Pagoda Party » : cela consiste à aller dans 1 ou 2 des 7 hôpitaux du centre pour demander aux patients qui ne peuvent plus marcher s’ils souhaitent se rendre à la pagode pour y prier. Et il y a toujours des volontaires ! On vient donc les chercher dans leur lit et les aider à marcher ou les porter jusqu’au fauteuil roulant. C’est assez sportif ! On les emmène ensuite en fauteuil jusqu’à la pagode à un petit km de marche. Ils sont heureux de pouvoir sortir de leur lit d’hôpital et d’être à l’air libre, de pouvoir venir poser leur petite bougie et prier le temps qu’il leur faut devant Bouddha. Les échanges oraux sont difficiles à cause de la barrière de la langue mais le sourire et la langue des signes suffisent pour s’apporter un peu de bonheur mutuel. Un petit papi a même pris Jean-Yves en affection et veut le revoir tous les jours !

Ambiance pagoda party !
Ambiance pagoda party !

« Cooking » : activité qui consiste à faire manger les volontaires le soir ! Car dans un centre de méditation, nous sommes sensés faire comme les moines et ne plus manger à partir de 12h. Sauf que les volontaires, ils veulent manger quand même le soir ! Du coup, on s’attèle à 6 ou 7 pour faire à manger pour 50. Et ce n’est pas une mince affaire ! Repas végétariens au menu, en fait on coupe beaucoup de légumes dans une ambiance bon enfant !

« Patient Care » : l’activité qui nous a le plus impressionnés car il s’agit d’apporter des soins à quelques patient du Rainbow Hospital qui ont de graves blessures. Comme aucun de nous n’a de compétences en médecine, on fait ce qui est à notre portée, c’est-à-dire changer un pansement, nettoyer une plaie, changer des couches (oui!), passer la pommade sur des champignons ou des « bed wounds » (blessures liées au fait de rester trop longtemps dans son lit dans la même position)… Pour notre première avec Jean-Yves, nous avons un patient amputé d’une jambe, un autre patient avec une sonde et un dernier paralysé. Pas évident… Laurent, un autre volontaire français nous briefe un peu mais ce n’est pas non plus évident pour lui. Et les patients… avec tout ce qu’ils vivent, gardent un grand sourire ! Incroyable.

« Alms » : il s’agit de faire l’aumône avec les moines. Le matin à 6h30, nous partons à l’arrière du pick up faire la route jusqu’aux villages près de Yangon et rejoindre les moines qui viennent demander des offrandes tous les matins aux villageois. Nous suivons donc l’escorte de moines, avec un « moine en chef » devant qui vient récolter les offrandes en tout genre. Devant les moines, deux ados avec un hygiaphone, annoncent l’arrivée des moines aux villageois. Et les gens attendent sagement devant leur maison que les moines récoltent leur riz (cuisiné ou pas), leurs produits d’épicerie, leurs billets, et tout ce qu’ils souhaitent offrir ! Une fois encore, ils ont tous le sourire aux lèvres et sont heureux de se faire bénir leurs offrandes. De notre côté, nous récoltons les diverses vivres dans les paniers, cela fait rire les gens de voir des occidentaux faire ça. Au final, nous marchons pas mal de kilomètres dans la matinée et rentrons bien vannés au centre.

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Défilé de l’aumône avec les moines

« Make them move » : j’ai adoré cette activité ! Nous rentrons dans les différents hôpitaux du centre et nous mettons de la musique en dansant. Beaucoup de regards se tournent alors vers nous et certains commencent à danser sur leurs lits, alors on vient les chercher et on danse avec eux. Cela ne dure pas bien longtemps mais cela casse leur routine bien ennuyeuse de leur lit d’hôpital et ils adorent ! Une petite mamie nous offre même des petits gâteaux !

« Kids english » : il s’agit de donner des cours d’anglais basiques aux enfants du centre. Mais ce n’est pas une école à proprement parlé… 1h par jour, les enfants qui souhaitent assister viennent. Nous n’avons donc que 2 petites filles quand nous le faisons. Nous avons fait des choses basiques autour des couleurs et du coloriage, des animaux… Un joli moment.

« Physiotherapy » : deuxième activité qui nous impressionnait un peu. Nous partons le matin au Rainbow Hospital pour prendre en charge un patient par binôme. Il existe des fiches pour chaque patient avec des gestes à lui faire réaliser tous les jours. Je suis pour ma part avec Jeannine, une autre volontaire qui connaît bien et un patient nommé Tiso que nous avions vu en « Patient care ». Nous lui faisons bouger le haut du corps avec des mouvements de bras après lui avoir fait des massages pour lui décontracter les muscles. Il connaît bien lui-même les exercices et nous sommes plus là pour l’assister, ça se passe très bien, toujours avec un grand sourire ! Pour le bas du corps, c’est plus délicat, il a les hanches disloquées… On se contente donc de lui faire bouger les chevilles. Deux filles pour s’occuper de lui pendant 1h30, je crois qu’il était râvi !

Séance de kiné
Séance de kiné


« Patient washing
 » : l’activité que je devais réaliser le premier jour qui consiste à faire prendre leur bain aux patients. Mais celle-ci a été annulée ce jour là car un moine célèbre venait faire une conférence au centre. A la place, nous avons donc nettoyé un rat crevé dans le local où sont stockés tous les produits de soin… L’état sanitaire des hôpitaux ici est difficilement imaginable pour nous autres occidentaux. Les gens s’entassent avec les chiens, les chats, les rats… fument dans leur lit… Il faut vite essayer de dépasser nos schémas d’occidentaux et s’habituer à la situation.

Parmi les activités « détente » :

Yoga : tous les matins nous avons la chance d’avoir notre cours de yoga à 6h donné par une volontaire israélienne incroyablement compétente ! De temps en temps, on complète l’après-midi par le yoga de 17h avec une autre volontaire portugaise tout aussi efficace ! C’est le top !

Méditation et conférence avec un moine : chaque jour, des séances de méditations accompagnées sont proposées aux volontaires, ensuite chacun est libre de méditer quand il le souhaite, un Dhamma (salle de méditation) étant dédié à cela dans notre bâtiment. Cela nous permet d’avoir une première approche de la méditation, même si c’est un peu difficile dans ce centre qui est très bruyant avec le passage des véhicules et des chiens hurleurs… Nous avons également eu la chance d’assister à une conférence d’un moine tchèque qui nous a expliqué les bases de la méditation dans le bouddhisme. Enfin, une expérience plus difficile a été une méditation du soir avec une monniale qui souhaite transmettre son savoir. Elle nous a donc fait pratiqué la méditation respiratoire qui consiste à hyperventiler pendant… 1h ! Que c’était dur ! Mes jambes endolories s’en souviennent encore…

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Conférence avec une moine tchèque et Dhamma hall

Taï chi : la même volontaire israélienne qui nous fait le yoga le matin s’est proposé de donner des cours de taï chi ! Une première pour moi, alors je m’essaye et ça me plait plutôt bien. Tout est dans le « flow » 🙂 On n’a pas pu assister à sa session kickboxing (véridique !)…

Découverte du projet acquaponie – permaculture : Loïc, le « volontaire manager » a développé un projet d’acquaponie au sein du centre avec un jardin en permaculture associé. Il nous fait visiter le système et nous explique qu’il souhaite en faire un centre de formation pour les birmans afin de répandre la technique dans le pays. L’acquaponie, consiste, brièvement, à faire pousser dans une « nursery » des plants dont les racines sont immergées dans l’eau, une eau alimentée par des petits poissons qui défèquent et apporte les nutriments nécessaires aux plants qui poussent 30% plus rapidement avant de les replanter dans le jardin en permaculture. On lui souhaite vraiment que son centre de formation prenne de l’ampleur !

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Projet aquaponie

Et ça ce sont les activités auxquelles nous avons participé… Il y a encore beaucoup d’autres projets, ce centre foisonne d’initiatives fructueuses !

Au final, ces 5 jours passés à ThBarWa nous auront énormément apporté et nous nous sentons riches de tous ces sourires reçus de gens qui n’ont rien, mais aussi de volontaires qui ont tout un tas d’énergie positive ! Le plus dur était peut-être de supporter la saleté et de devoir marcher tout le temps pieds nus dans celle-ci… C’est la culture ici. Mais ce n’est vraiment pas ça que l’on retiendra et nous reviendrions sans hésiter dans ce centre si nous en avions l’occasion. Merci à ThaBarWa !

C’est sur cette belle expérience enrichissante que se termine notre séjour au Myanmar. Nous passons une dernière nuit à Yangon avant de prendre notre vol pour la Nouvelle Zélande ! Oui, nous avons finalement craqué pour la fin de notre voyage en terminant par un pays qui nous faisait trop rêver !

Mingalaba Burma !*

*Bonjour Birmanie ! Nous débarquons fraîchement au Myanmar (ex-Birmanie) le 3 janvier dans une ambiance tout à fait différente de la Thaïlande et tellement paisible. Les premières sensations qui nous frappent en arrivant à Yangon, la capitale : de douces odeurs de thanaka (poudre jaune ocre extraite de l’arbre du même nom pour protéger du soleil et procurer une sensation de fraîcheur), les visages des birmans peinturlurés de ce même thanaka, des stupas dorées à chaque coin de rue, une architecture éclectique et colorée entre passé colonial et cages à lapin, des gens souriants, des enfants qui te font des signes de la main, voire même t’envoient des bisous, d’élégants longyis (jupes type sari) portés par les hommes, les ombrelles en papier et tissu colorées des femmes… Toute une ambiance très douce dont nous nous enivrons dès les premiers pas posés sur le sol birman.

Notre voyage débute donc par une découverte de la capitale, pour ensuite se diriger dans la région plus au sud de Mawlamyaïne connue pour son Bouddha couché géant. De retour ensuite à Yangon, nous embarquons pour Kalaw, au centre du pays, pour enfin rejoindre la douceur des rives du Lac Inle.

Yangon

Notre arrivée à Yangon est très étonnante, nous n’avons pas la sensation d’atterrir dans une capitale, il est plutôt facile de se repérer dans la ville (les stupas et pagodes aident pas mal pour ça !), les rues ne sont pas bondées et tout le monde semble mener sa petite vie paisiblement entre « street food » et marchés aux 1001 couleurs et odeurs. Nous trouvons facilement un bus à l’aéroport qui nous mène jusqu’au centre ville de Yangon dans lequel se trouve  notre capsule. Car nous allons dormir dans une capsule ce soir ! Cela consiste en une sorte de dortoir mais avec un peu plus d’intimité (rideau et petit muret entre chaque capsule). Il y a très peu d’espace mais au final c’est plutôt bien fait, on y dort bien. Nous ne tardons pas ensuite à découvrir les rues de Yangon et tester la « street food » car c’est un nouveau régime alimentaire qui nous attend ici, souvent représenté par le buffet birman qui consiste à ouvrir les casseroles devant nous pour y choisir ce qui nous semble être le plus à notre goût. Très peu de gens parlent anglais alors on se parle avec les mains et on fait des expériences culinaires sans trop savoir ce qu’il y a dans notre assiette.  Dans l’ensemble la nourriture est plutôt grasse, beaucoup de plats frits, mais on arrive parfois à trouver le Graal avec la « tea leaves salad », salade à base de feuilles de thé, tomates, oignons, cacahuètes…, un petit délice typiquement birman !

Nous visitons ensuite notre première pagode dorée : la Sule Pagoda, à quelques pas de notre auberge. Le clinquant est ici de mise, et il en sera de même dans tout le pays ! Un moine nous accoste gentiment pour nous faire découvrir les rituels bouddhistes autour de la pagode, c’est une bonne entrée en matière (même si à la fin de la visite, son collègue caché est venu nous demander des sous, mais bon…). Après une balade dans la ville, nous allons manger le soir au « night market », entre la rivière et la route. Nous sommes les seuls touristes parmi les birmans, assis sur notre dinette (tables et chaises pour nains) et tout le monde nous regarde. Nous sommes exotiques ici ! C’est la première fois que nous ressentons ça et après tout, c’est ça que nous recherchons dans le voyage : la rencontre, la surprise, la curiosité de l’autre… Ça nous fait du bien.

Le jour suivant, nous passons une journée plus calme et rencontrons Audrey, une jeune française qui réalise un documentaire sur le bonheur à travers ses voyages. Nous passons un petit bout de temps ensemble, entre découverte du marché et partage d’une bonne « tea leaves salad » ! Nous allons ensuite visiter l’attraction touristique de Yangon, mais surtout lieu de pèlerinage important pour les birmans : la pagode Shwedagon. Il s’agit d’une immense pagode dorée, entourée de tout un complexe de temples et stupas, tous plus enluminés les uns que les autres, un choc visuel impressionnant. Nous décidons ensuite d’aller admirer le coucher de soleil sur la pagode, d’un peu plus loin, dans le parc Kandawgi entouré de petits lacs. Entre le ciel qui s’embrase, la danse et le chant des oiseaux et la pagode qui s’illumine, nous ne sommes pas déçus…

Nous prenons un bus pour rentrer et nous arrêtons devant le city hall. C’est la fête de l’indépendance aujourd’hui pour la Birmanie qui fête sa sortie du joug des anglais il y a 70 ans (pour laisser place à la junte militaire une dizaine d’années plus tard…). L’ambiance est bon enfant et familiale avec un concert de rock (étonnant !). Puis, nous rentrons boire notre première bière Myanmar et manger un bout pour 3 francs 6 sous (notre budget par repas & par personne est compris entre 0,80€ et 3€, sic!).

 

Mawlamyaïne 

Après notre introduction dans la capitale, nous prenons un bus pour nous rendre dans le sud-est du pays, à Mawlamyaïne (prononcer Moulmaïn). Le terminal de bus se trouve à 1h au nord de Yangon et il faut donc nous débrouiller pour trouver le bon bus de ville qui nous y mène. Mais il y a toujours un birman sur notre route pour nous renseigner gentiment. Nous partons donc pour 6h de bus et arrivons à Mawlamyaïne en fin d’après-midi, au soleil couchant d’un rouge vif. Il s’agit de la 4ème ville du pays, elle longe le fleuve Salouen qui a parcouru un long chemin avant de se jeter ici dans la mer d’Andaman, puisqu’il prend sa source sur le plateau tibétain. Après avoir posé les affaires à l’hôtel, nous partons visiter de nuit, par un petit chemin sombre, la première de toute une série de pagodes dorées qui culmine sur la colline et domine la ville. Nous gardons les autres pour le lendemain et allons nous délecter de quelques tests culinaires sur le « night market » rempli de brochettes en tout genre (brochettes d’œufs – avec la coquille s’il vous plait ! – de poulpes, de pieds de poulets, de crevettes géantes…), nous optons pour les plus classiques mais Jean-Yves s’essaie tout de même au poulpe !

Le lendemain, nous enfourchons notre scooter pour aller à la rencontre des paysages environnants, très marqués par le bouddhisme. Nous descendons à environ 30 km au sud de la ville pour aller voir un immense bouddha couché (200 m de long !) construit en pleine forêt. Pour y accéder, une allée d’une centaine de statues de moines nous ouvre le cortège. En face du Bouddha couché, un autre est en construction, encore plus grand, et déjà rouillé par l’ampleur de ce fastidieux chantier… Une mégalomanie du bouddhisme un peu étrange… Mais la ferveur pour la religion (d’Etat) est ici très forte. Nous visitons l’intérieur du bouddha, un peu glauque avec des mises en scène de la vie de Bouddha et sommes bien plus amusés par les birmans qui demandent à nous prendre en photo avec leurs enfants. Nous reprenons ensuite la route en admirant le paysage : des pics karstiques émergent de part et d’autre de la route surmontés de pagodes dorées, toujours…

Paon paon birman
Paon paon birman

Nous nous arrêtons manger dans une petite gargotte en bord de route et sommes encore sous le charme de l’accueil des birmans, qui ne parlent pas un mot d’anglais mais savent très bien communiquer par le sourire. Nous visitons ensuite le monastère Pa Auk perdu au milieu de la forêt, avec interdiction de parler, une immense salle de méditation avec les moines plongés dans l’obscurité, on y ressent toute la sérénité du lieu. De retour à Mawlamyaïne, nous enchaînons la série des pagodes dorées sur la colline en terminant par une vue panoramique sur la ville et le fleuve Salouen. C’est la pluie qui nous fait rentrer ensuite sous nos pénates.

Le 7 janvier, nous prenons le bateau pour relier la prochaine ville de notre périple : Hpa An, capitale de la région Karen. La traversée est un véritable voyage en soi. Nous voguons sur les rives du fleuve Salouen pendant 5 bonnes heures, en admirant ses rives paisibles bordées de bananiers, de palmiers, puis de pics karstiques qui émergent au loin, au milieu de nulle part. Nous croisons de nombreux pêcheurs, des femmes avec leurs ombrelles colorées sur les bateaux, de jeunes moines qui nous saluent sur le rivage. Nous faisons une halte pour visiter un monastère sur le chemin, très beau, avec sa pagode dorée, ses toits élégamment découpés et ses plafonds à caisson en bois rouge ocre. Nous rencontrons sur le bateau Charlotte, une française (il y a beaucoup de français qui voyagent en Birmanie !) d’une petite quarantaine d’années qui voyage pour plusieurs mois en Asie. Nous accrochons tout de suite en passons notre temps à papoter sur le bateau.

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Débarquement à Hpa An

Hpa An

Fraîchement débarqués à Hpa An, nous allons manger ensemble un pad thaï près du petit marché joliment peuplé de couleurs et de sourires. Nous prenons une chambre dans le même hôtel et décidons de passer la journée du lendemain ensemble. Le soir, nous visitons Hpa An et son marché de nuit grouillant de vie et de victuailles, idéalement situé devant un petit lac avec comme toile de fond 2 pitons rocheux qui se détachent au loin derrière le lac et son ponton sur lequel les habitants flânent le soir. L’Asie comme on l’imagine…

Le projet du lendemain est reporté car c’est une pluie battante qui nous réveille au petit matin et qui ne cessera qu’en milieu d’après-midi. Ça faisait bien longtemps que nous n’avions pas eu de pluie ! Du coup on se repose, on prend notre temps et on va se balader en ville en fin d’après-midi avec Charlotte. Hpa An est une ville étonnante, entre vieilles maisons birmanes en bois et modernité. Nous allons visiter une pagode en construction qui semble être un vrai terrain de jeu pour les gamins du coin. Ils s’amusent à nous montrer leurs petits coins secrets du temple et sont d’une incroyable tendresse, l’un d’entre eux réclamant des câlins… Des gamins beaux, curieux et affectueux, on fond !

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Les enfants de la cité perdue de Hpa An

Nous mettons donc à exécution le jour suivant, avec un grand ciel bleu cette fois-ci, notre programme prévu pour la veille avec Charlotte. Visite de la région de Hpa An en scooter, connue pour ces paysages de rizières et de pics karstiques ainsi que ses grottes aux 1001  Bouddhas. C’est une belle sensation de liberté que de pouvoir aller où l’on veut avec le scooter et profiter des belles routes en terre battue rougeoyante en naviguant entre les rizières.  Les grottes sont jolies mais un peu kitsch, avec leurs Bouddhas disco. L’une d’entre elle est un peu originale, nous devons la traverser pieds nus (toujours dans les temples bouddhistes, ce qui implique un lavage de pieds quotidien, car faire du slalom entre crachats de bétel – la chique locale rouge à base de chaux qui leur déchausse toutes les dents – et crottes de pigeons n’est pas toujours très efficace…). Une fois sortis de la grotte, une petite ballade en barque agréable nous fait profiter du paysage. Après un petit repas local, nous reprenons la route, en passant devant la majestueuse montagne Zwegabin sur laquelle nous ne monterons pas car il fait trop chaud à cette heure-ci.

Nous nous rabattons sur la visite d’une stupa étonnante perchée sur un rocher  bringuebalant au bord d’un plan d’eau. Un moine y bénit les pèlerins qui viennent à son sommet. Nous visitons ensuite une dernière grotte, majestueuse, très ancienne, avec des bouddhas gravés partout dans les stalactites, et pour une fois pas trop colorée, plus authentique. Nous terminons la journée par une vue panoramique à la « bat cave », mais nous n’aurons pas le temps de voir le vol des chauve-souris au coucher du soleil, Charlotte nous attendant à l’hôtel pour nous dire au revoir. Nous enfourchons donc de nouveau le scooter… et crevons à 1 km de l’hôtel !!… Nous sommes en bord de route et les villageois nous indiquent un petit gars d’une quinzaine d’années en train de réparer son vélo et qui vient nous dépanner en réparant notre chambre à air en 2 temps 3 mouvements. Adorable ! Au Myanmar, il ne semble ne pas y avoir de problèmes, que des solutions ! Du coup, nous avons loupé  Charlotte à l’hôtel mais la retrouvons en train d’attendre son bus de nuit pour le lac Inle. De notre côté, nous changeons d’hôtel et essayons d’acheter notre bus du lendemain au terminal, mais là, impossible de se comprendre… On capitule, on passera par l’hôtel, beaucoup plus simple ! Nous clôturons la journée par un magnifique coucher de soleil sur le rooftop de notre hôtel. Nous avons vraiment beaucoup aimé la douceur de la région de Hpa An.

 

Kyaik Hti Yo

La journée suivante est consacrée à la visite du Rocher d’Or (Kyaik Hti Yo), un rocher couvert de feuilles d’or qui tient en équilibre au bord d’une falaise, un des plus hauts lieux de pèlerinage bouddhiste du pays. Nous prenons d’abord le bus du matin et y rencontrons Rosy et Pierre, un couple aveyronnais de 71 et 79 ans (s’il vous plait !) qui voyage en baroudeurs et ce plusieurs fois par an. Ils sont tout simplement géniaux ! Nous passons donc la journée avec eux. Après avoir posé les sacs dans notre auberge (miteuse), nous mangeons un bout ensemble avant de monter dans les boîtes de sardine (nous sommes une quarantaine entassés dans une camionnette) qui servent de transport pour les pèlerins qui veulent voir le Rocher d’Or. La route est belle, au milieu de la forêt et on aperçoit le téléphérique qui monte au Rocher et qui n’a absolument aucun intérêt puisque les camions y montent…

La visite du Rocher d’Or est intéressante, au milieu de tous ces pèlerins, mais la vue panoramique sur la région est plus impressionnante que le Rocher en lui-même. De plus, certaines sections sont… interdites aux femmes ! Sympa… Va falloir s’y habituer car nous le retrouverons sur beaucoup d’autres sites religieux et cela nous laisse bien perplexe. Nous redescendons devant, une fois de plus, un magnifique coucher de soleil et prenons un petit apéro avec Pierre et Rosy avant qu’ils prennent leur bus de nuit. Pour notre part, nous allons passer une nuit entre cafards et étincelles dans les prises électriques… brrrrrr. Plus jamais de nuit à 7€ ! Ce sera la seule mauvaise expérience d’hôtel, car dans l’ensemble le confort est au rendez-vous au Myanmar.

Nous prenons un bus le lendemain pour revenir à Yangon et y passer 2 petites journées, très peu productives puisqu’un fruit un peu pourri m’a rendu malade. Je comate et me repose pour essayer de reprendre des forces pour prendre le bus de nuit, direction Kalaw.

Kalaw

Nous arrivons à Kalaw le 13 janvier à 3h30… Aaaah… les bus de nuit au Myanmar sont confortables mais il faut s’habituer aux horaires qui te débarquent fraîchement dans la ville en pleine nuit… Surtout qu’il fait beaucoup plus frais ici. Nous sommes au centre du pays, à 1300 m d’altitude et à une cinquantaine de kilomètres du lac Inle. La région est connue pour ses belle randonnées. En sortant du bus, une magnifique pagode nous éblouit par ses reflets, construite à base de petits miroirs, l’effet de nuit est… étincelant ! Nous tentons notre chance en toquant à notre hôtel à 4h du mat et… …ils nous ouvrent ! Nous pouvons finir notre nuit sur des couvertures par terre dans une salle tranquille. Vraiment sympa. Ils nous offrent également le petit dej à 7h qui est plus que bienvenu ! Après une petite sieste, nous nous motivons pour aller voir le marché (marché tournant tous les 5 jours dans les villages environnants). Celui-ci est vraiment très beau avec ses étals au sol, nous sommes quasi les seuls étrangers sur le marché, l’ambiance est envoûtante.

Puis, nous marchons un peu pour visiter une énième grotte à Bouddhas et l’on se dit que nous n’irons pas à Pindaya, l’immense grotte la plus connue du pays pour ses… 8000 Bouddhas ! C’est que les Bouddhas, là, on commence à saturer un peu. Besoin d’une pause Bouddhas ! Nous finissons la journée par un coucher de soleil sur le rooftop de notre hôtel (et oui, encore!) où nous pouvons admirer la belle moyenne montagne environnante que nous parcourrons demain.

Aujourd’hui, c’est rando ! Ouh, ça faisait longtemps… Depuis la Thaïlande, nous avons mis la rando un peu en pause pour profiter d’autres plaisirs du voyage, mais cela va nous faire du bien de remettre un peu le pied à l’étrier. Nous avons choisi une petite rando à la journée vers un village à l’Est de Kalaw : Tar Yaw. Après une traversée de la ville, nous prenons un chemin entre forêt et flancs de collines qui nous fait naviguer au milieu des orangeraies et plantations de thé. On y croise les paysans du coin qui transportent des mètres de bambou sur l’épaule et nous renseignent gentiment sur la direction à prendre. Nous faisons une jolie boucle avec vue panoramique sur les petites montagnes de l’Etat Shan et retour par une balade en forêt. C’est une randonnée facile et familiale qui permet de découvrir la campagne environnante. Itinéraire et CR à découvrir sur c2c. A 15h, nous sommes de retour à Kalaw et profitons d’une après-midi tranquille.

Nous repartons le lendemain de Kalaw en empruntant cette fois-ci le train : 500 kyats (0,30€) pour relier le lac Inle en 3h et voyager dans le temps. Nous empruntons en effet un vieux train au style british, de beaux bancs en bois bien durs comme sièges et des wagons bringuebalant dans tous les sens. Le trajet permet de contempler paisiblement la campagne birmane et les travaux des champs, on se laisse bercer. Nous arrivons à Shwenyaung en fin d’après-midi, à 10 km de Nyaung Shwe, notre camp de base pour visiter le lac Inle.

 

Lac Inle

Sortis du train, c’est un peu la bataille pour négocier le taxi à plusieurs voyageurs, nous monterons avec un couple d’australiens pour 4000 kyats chacun. Sur la route, on fait une halte pour payer le ticket d’entrée au lac. Le trajet jusqu’a Nyaung Shwe, qui longe le canal, est déjà beau. Le taxi nous dépose à notre hôtel puis nous faisons un tour dans la petite ville pour voir comment nous pouvons nous balader sur le lac le lendemain. Toutes les agences proposent un peu la même chose et nous finissons par réserver un bateau avec notre hôtel. Nous ne serons pas déçus de la visite sur ce petit joyau flottant (à protéger…). Le lac est une véritable source de revenus pour l’ethnie Intha qui vit ici, à commencer par la pêche. Après avoir traversé la brume matinale qui enveloppe les rives du canal qui mène au lac, celui-ci s’ouvre pour nous révéler toute sa grandeur et ses pêcheurs qui semblent danser une drôle de chorégraphie avec leur jambe autour de leur pagaie, une technique traditionnelle unique pour faire avancer le bateau etlibérer deux bras pour pêcher : d’un esthétisme fou. D’un côté, il y a les rabatteurs qui tapent l’eau à gros coup de pagaie, et de l’autre les pêcheurs qui ramassent le poisson dans leur filet rigide en bambou en forme d’immense cône. Ils se prêtent même à la pose pour la photo ! Tout un poème…

C’est un très beau moment. Nous nous dirigeons ensuite vers le village lacustre Ywama où nous y visitons une fabrique d’argent ainsi que le marché artisanal, où nous sommes un peu trop happés par les marchands. Les villages du lac Inle, tous sur pilotis, grouillent d’artisans en tout genre : fabriques d’ombrelles, de tissage, d’argent, de cigares, de pirogues, orfèvres, forgerons… Nous nous enfonçons ensuite un peu plus loin sur le lac et allons jusqu’au village d’Inn Dein où niche un trésor archéologique : de parts et d’autres d’un long passage couvert gisent ci et là des ruines de stupas en briques datant du XVIIe siècle, éparpillées de manière anarchique avec des sculptures d’une grande finesse dans des états plus ou moins délabrés. Mais le site, conservé « dans son jus », a un charme fou. Et cela, sans compter les centaines de stupas dorées qui culminent en haut de la colline. On s’imagine un peu le temple d’Angkor en miniature.

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Mamies qui fument leur cheeroot (cigare) à Inn Dein au lac Inle

Puis après une pause dej, notre batelier nous emmène visiter les ateliers de tissage : un autre voyage dans le temps ! Des dizaines de femmes travaillent les fils de coton, soie et lotus sur des machines en bois datant du siècle dernier avec en bruit de fond le cliquetis des pédales qu’elles activent pour faire passer les fils. Magnifique travail des tisseuses ! Et nous sommes impressionnés par l’extraction du fil de lotus qui demande un travail titanesque, d’où son prix exorbitant.

Puis, nous rendons visite aux filles qui roulent les cheeroot (cigares que fument les vieilles femmes au goût très sucré, très agréables). Les trois femmes nous régalent de leur sourire tout en nous montrant leur technique de roulage.

Mais la journée n’est pas assez longue… et nous n’avons plus trop le temps de voir d’autres ateliers. Nous nous rendons donc sur un monastère en passant par les jardins flottants réputés magnifiques mais ce n’est pas l’heure du travail des maraîchers, nous ne voyons que les milliers de plants de tomates qui flottent à perte de vue sur le lac… Nous rentrons ensuite, bercés par la douce chorégraphie des pêcheurs que nous croisons de nouveau pour le coucher du soleil…

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Magnifique journée que la découverte de la vie du lac Inle, très émouvante…

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Le lendemain, nous décidons de découvrir les environs du lac à vélo. Nous arrivons à trouver un loueur qui nous loue de bons VTT, une première depuis le début de voyage, car nous avons écumés les vélos pourris en Colombie et au Népal… Ça change un peu la vie d’avoir des vitesses ! Nous flânons donc tranquillement dans les alentours du lac, très bucoliques. Nous allons tout d’abord visiter un vieux monastère en bois au nord de la ville, très original avec ses fenêtres rondes et ses plafonds à caisson. Puis, nous allons nous perdre plus à l’Est sur les petites routes et tombons sur un resto bio éco-construit. Nous décidons de nous y arrêter manger et ne sommes pas déçus, les légumes sont tellement savoureux ! Le restaurant est en fait une partie d’un projet de plus grande ampleur autour du monastère Htet Eain Gu qui recueille environ 200 orphelins et accueille des volontaires sur des projets de santé, d’éducation, de jardins bio, d’écoconstruction… : la fondation Mudita, allez faire un tour sur leur site.

Nous profitons de la sérénité du lieu et allons visiter un peu plus loin une grotte à Bouddhas, encore une ! Puis, nous reprenons la route et nous rendons sur l’un des seuls vignobles du Myanmar : le Domaine de Red Mountain. En tant que français, nous ne pouvons pas résister à une dégustation, les blancs sont corrects, les rouges un peu moins. Mais le domaine est magnifique, les vignes s’étendent sur les montagnes alentours avec une vue plongeante sur le lac au loin. Nous allons rouler un peu entre les vignes pour s’imprégner de l’ambiance et nous trouver un petit coin pour le coucher de soleil sur le lac.